✓ L’Assurance maladie couvre 80 % des frais de séjour pour une hospitalisation.
✓ Le forfait hospitalier est une participation financière fixe qui peut être prise en charge par la mutuelle.
✓ Une hospitalisation peut générer un reste à charge élevé sans une complémentaire santé adaptée.
Ce que l’Assurance maladie prend en charge
Votre Caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM) rembourse une partie des frais d’hospitalisation, mais cette prise en charge reste limitée. En établissement public ou privé conventionné, elle couvre 80 % du tarif de base pour les frais de séjour, à savoir :
- Les soins ;
- Les examens ;
- Les interventions.
Les 20 % restants, le ticket modérateur, sont à votre charge, sauf quelques exceptions.
Le ticket modérateur désigne la partie du tarif conventionnel non remboursée par la Sécurité sociale. Prenons l’exemple d’une consultation chez un médecin généraliste : sur un tarif de 30 €, l’Assurance maladie prend en charge 70 %, soit 21 €. Il vous reste donc 9 € à régler, correspondant aux 30 % non couverts.
Les soins 100 % remboursés par l’Assurance maladie
Certaines situations ouvrent droit à une prise en charge intégrale des frais hospitaliers. Voici les principaux cas :
- Hospitalisation de plus de 30 jours consécutifs : à partir du 31e jour, les frais sont remboursés à 100 % ;
- Grossesse et accouchement : femme enceinte hospitalisée pendant les 4 derniers mois de sa grossesse, pour l’accouchement et pendant les 12 jours qui suivent ;
- Nouveau-né : hospitalisation dans les 30 jours qui suivent sa naissance ;
- Hospitalisation à la suite d’un accident de travail ou une maladie professionnelle ;
- Affection Longue Durée (ALD) : si votre hospitalisation est en lien avec une ALD reconnue (diabète, cancer, etc.) ;
- Bénéficiaire de régimes spéciaux ou d’aides : pension d’invalidité, les assurés attachés au régime local Alsace-Moselle, les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (C2S) ou de l’Aide médicale de l’État (AME).
Les frais qui restent à votre charge
Bien que la Sécurité sociale prenne en charge 80 % des frais d’hospitalisation, vous devez assumer les 20 % restants sans mutuelle. Ce reste à charge, le ticket modérateur, n’est qu’une partie des dépenses à prévoir. D’autres coûts peuvent s’ajouter.
Le forfait journalier
Obligatoire, le forfait journalier couvre une partie des frais d’hébergement, de restauration et d’entretien, soit les frais “non médicaux”. Depuis le 1er mars 2026, il faut compter 23 €/jour en hôpital ou clinique et 17 €/jour en service psychiatrique*. Il est facturé en cas d’hospitalisation de plus de 24 heures.
Depuis le 1ᵉʳ mars 2026, le forfait patient urgences coûte 23 €. Il s’applique aux patients se présentant aux urgences pour des soins non programmés, sans qu’une hospitalisation ne soit nécessaire par la suite.
Les dépassements d’honoraires
Certains médecins en secteur 2 (chirurgiens, anesthésistes, etc.) fixent leurs propres tarifs. Sans mutuelle, ces dépassements d’honoraires sont intégralement à votre charge et peuvent s’avérer importants.
Concrètement :
Prenons par exemple une opération courante nécessitant une anesthésie générale. Un anesthésiste, conventionné en secteur 2, facture 300 € pour son acte. Le tarif de convention de la Sécurité sociale est fixé à 150 € (soit un dépassement de 100 % par rapport à la base).
La Sécurité sociale rembourse 70% du tarif de convention, soit 105 €, puis déduit la participation forfaitaire de 2 €. Le dépassement d’honoraires de 150 € (300 € – 150 €) n’est jamais pris en charge par l’Assurance Maladie.
| Élément | Montant |
|---|---|
Facture anesthésiste | 300 € |
Base Sécu | 150 € |
Remboursement 70 % | 105 € |
Participation forfaitaire | − 2 € |
Remboursement Sécu | 103 € |
Ticket modérateur | 45 € |
Dépassement d’honoraires | 150 € |
Reste à charge sans mutuelle | 197 € |
Dans cet exemple, 197 € seront à régler de votre poche si vous n’adhérez pas à une complémentaire santé. À cela peuvent s’ajouter les dépassements d’honoraires du chirurgien et d’autres frais, comme le forfait journalier hospitalier, la chambre particulière ou certains frais de confort, augmentant ainsi le reste à charge total.
La participation forfaitaire est une somme retenue automatiquement par la CPAM sur vos remboursements de santé. Elle contribue au financement du système de santé.
Les suppléments dits de “confort”
Les frais de confort, qui correspondent aux services optionnels (chambre individuelle, télévision, téléphone, etc.) ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale. Sans mutuelle, vous devez donc les régler intégralement.
À titre d’exemple, voici les tarifs moyens pratiqués dans un hôpital public français :
- Chambre individuelle : entre 40 € et 250 €/jour (selon l’établissement) ;
- Télévision, téléphone, accès Wi-Fi : de 1 € à 6 €/jour ;
- Repas pour un accompagnant : entre 8 € et 15 €/repas.
Il est possible de souscrire une mutuelle hospitalisation seule. Elle rembourse uniquement les dépenses liées à l’hospitalisation. Ces contrats permettent d’accéder à une couverture minimum et à une mutuelle pas chère. Attention, ils ne couvrent que les dépenses liées à une hospitalisation.
Comment réduire les frais sans mutuelle ?
Sans complémentaire santé, des solutions existent pour limiter votre reste à charge. Voici les pistes à explorer :
1. Demander la Complémentaire Santé Solidaire (C2S)
La Complémentaire santé solidaire (C2S) permet aux personnes ayant des ressources modestes de bénéficier d’une meilleure prise en charge de leurs dépenses de santé.
Selon vos revenus, la C2S est gratuite ou soumise à une faible participation financière. Cette participation ne peut pas dépasser 30 € par mois et par personne, soit environ 1 € par jour**.
Les bénéficiaires profitent notamment du tiers payant, ce qui leur évite généralement d’avancer les frais pour les soins couverts. Ils bénéficient également, dans le cadre prévu par le dispositif, de l’absence de dépassements d’honoraires chez les professionnels de santé.
L’attribution de la C2S dépend principalement des ressources du foyer. Les plafonds de revenus varient notamment en fonction du nombre de personnes qui composent le foyer.
Plusieurs millions de personnes pourraient bénéficier de la C2S sans en faire la demande. Ce non-recours peut conduire certaines personnes à reporter ou à renoncer à des soins pour des raisons financières. L’Assurance Maladie met à disposition un simulateur permettant d’obtenir une première estimation de vos droits.
2. Privilégier l’hôpital public
Les hôpitaux publics appliquent des tarifs encadrés et pratiquent peu ou pas de dépassements d’honoraires, contrairement aux cliniques privées. Un choix judicieux pour éviter les mauvaises surprises.
3. Négocier les frais
Les hôpitaux proposent des échelonnements de paiements ou une aide financière. Pour cela, il faut contacter le service facturation ou le régisseur de l’hôpital.
Des fonds d’aide peuvent également être mobilisés via votre CPAM. N’hésitez pas à contacter l’Assurance maladie pour être accompagné.
4. Se tourner vers les associations
Plusieurs dispositifs peuvent vous soutenir financièrement pour régler vos frais de santé :
- Les associations caritatives : des structures comme le Secours Populaire ou la Croix-Rouge proposent des aides financières ponctuelles pour régler une facture médicale ;
- Les fonds d’aide hospitalière : certains établissements disposent de budgets sociaux dédiés aux patients en difficulté économique. Renseignez-vous directement auprès du service social de l’hôpital.
Comment bien choisir sa mutuelle pour limiter son reste à charge ?
Une complémentaire santé bien choisie permet de réduire significativement le reste à charge après les remboursements de l’Assurance Maladie, notamment pour les dépenses de santé les plus coûteuses comme les soins optiques, le dentaire ou l’hospitalisation. Pour trouver la formule la plus adaptée, il est essentiel de comparer les garanties proposées en fonction de vos besoins et de votre budget.
Cibler ses besoins prioritaires
Certains postes de santé peuvent générer un reste à charge important lorsqu’ils sont insuffisamment couverts. C’est notamment le cas de l’optique, des soins dentaires et de l’audiologie qui peuvent représenter plusieurs centaines d’euros.
Si vous êtes susceptible d’être hospitalisé, accordez une attention particulière à la prise en charge du forfait journalier hospitalier, des frais de séjour et, le cas échéant, des dépassements d’honoraires.
L’objectif est de choisir une couverture adaptée à votre situation plutôt que de payer pour des garanties dont vous n’aurez probablement pas l’utilité.
Analyser les garanties du contrat
Pour éviter les mauvaises surprises, examinez plusieurs critères essentiels :
- Le dispositif 100 % santé : les contrats responsables donnent accès au dispositif 100 % Santé, qui permet une prise en charge intégrale, dans les conditions prévues par le dispositif, de certaines lunettes, prothèses dentaires et aides auditives ;
- Les forfaits en euros : préférez les remboursements exprimés en montants fixes (ex. : 300 €/an pour l’optique) plutôt qu’en pourcentage. Cela permet de calculer précisément vos économies réelles ;
- Le tiers payant : une mutuelle proposant le tiers payant auprès d’un large réseau de professionnels de santé peut vous éviter d’avancer certains frais ;
- Les délais de carence : certains contrats de mutuelle imposent une période (souvent 3 à 6 mois) pendant laquelle certaines garanties ne s’appliquent pas. Évitez les offres avec des délais trop longs, surtout si vous avez des soins urgents à prévoir ;
- Les plafonds et les exclusions : regardez les limites annuelles de remboursement, les actes non pris en charge et les éventuelles conditions particulières du contrat.
Comparer les offres
Pour trouver la mutuelle la plus adaptée, utiliser un comparateur en ligne peut permettre de gagner du temps en confrontant rapidement les tarifs et les niveaux de garanties proposés par différents organismes.
Cet outil permet de filtrer les offres selon vos priorités : optique, dentaire, hospitalisation, consultations ou encore médecines complémentaires. Il facilite ainsi la comparaison entre plusieurs niveaux de couverture et plusieurs budgets.
Une fois les devis santé obtenus, ne vous limitez toutefois pas au prix mensuel. Examinez attentivement les garanties, les plafonds de remboursement, les exclusions, les délais de carence et les éventuelles conditions particulières.
Le bon réflexe consiste à comparer le prix de la mutuelle avec les remboursements dont vous êtes réellement susceptible de bénéficier. Une mutuelle légèrement plus chère peut être plus avantageuse si elle couvre mieux vos principaux postes de dépenses.
*Source : legifrance.gouv.fr
**Source : service-public.fr
Foire aux questions (FAQ)
Est-ce que la Sécu rembourse les urgences ?
Les frais de maternité sont-ils remboursés à 100 % ?
Combien coûte une IRM sans mutuelle ?
Est-ce que le forfait journalier est obligatoire ?
Contenu mis à jour le 28/09/2026















