Arrêts de travail : ce qui change pour votre première prescription dès septembre 2026
Depuis plusieurs années, les arrêts de travail de longue durée sont au cœur d’un débat entre les pouvoirs publics, les professionnels de santé et le secteur de la mutuelle. À partir du 1er septembre 2026, une nouvelle règle modifiera la durée de la première ordonnance, sans changer le droit à l’arrêt lui-même.
Ce qui change à partir du 1er septembre
Concrètement, un médecin qui prescrit un arrêt de travail pour la première fois ne pourra plus le délivrer pour une durée supérieure à un mois. Si l’état de santé du patient nécessite une absence plus prolongée, une nouvelle consultation sera nécessaire pour obtenir une prolongation.
Cette mesure s’inscrit dans une volonté de renforcer le suivi médical des patients en arrêt. L’idée n’est pas de limiter les droits des assurés. Il s’agit plutôt d’éviter les situations où un arrêt de plusieurs mois est prescrit d’emblée, sans réévaluation intermédiaire de l’état de santé. Le médecin reste libre de renouveler l’arrêt autant de fois que nécessaire, dès lors qu’une consultation a eu lieu.
Qui est concerné par cette nouvelle règle
La mesure s’applique à l’ensemble des assurés du régime général, au premier rang desquels les salariés du secteur privé. Les travailleurs indépendants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants sont également concernés. En effet, ils bénéficient également d’indemnités journalières en cas d’arrêt maladie.
Il est important de le préciser clairement : cette réforme ne remet pas en cause la possibilité d’être arrêté plusieurs mois. La différence porte uniquement sur la première prescription. Un patient dont la situation médicale le justifie continuera à bénéficier d’un arrêt aussi long que nécessaire, à condition de revoir son médecin au terme du premier mois.
Ce que cela change en pratique pour les patients
Prenons un exemple concret. Un salarié qui se fracture le poignet en juillet et dont la guérison nécessite trois mois d’immobilisation recevra, lors de sa première consultation, un arrêt limité à quatre semaines. Avant l’expiration de ce délai, il devra retourner voir son médecin, qui évaluera son état et prolongera l’arrêt si nécessaire. La procédure ne change pas fondamentalement le parcours de soin, elle implique simplement un rendez-vous médical supplémentaire en cours d’arrêt.
Pour autant, ce suivi plus régulier peut aussi présenter des avantages. Il permet au médecin d’adapter la prise en charge en fonction de l’évolution réelle de l’état de santé. Il peut aussi envisager une reprise progressive du travail ou d’orienter le patient vers des soins complémentaires si la situation l’exige.
Quel impact sur les indemnités et le rôle de la mutuelle
Du côté de la prise en charge financière, rien ne change. Les indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie suivent les mêmes règles qu’aujourd’hui. Concrètement, leur montant dépend du salaire de référence et du respect du délai de carence. Ce dernier reste fixé à trois jours. La nouvelle mesure n’introduit aucune modification sur ce point.
Dans ce contexte, le rôle de la complémentaire santé mérite d’être rappelé. Selon le contrat de mutuelle souscrit, elle peut prendre en charge tout ou partie des revenus perdus pendant le délai de carence. Elle peut aussi compléter les indemnités journalières de la Sécu ou encore proposer des garanties de prévoyance spécifiques. C’est souvent au moment d’un arrêt maladie que l’on réalise l’importance de bien connaître ses garanties, et parfois de les faire évoluer.

