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Vol de voiture : se prémunir contre le « mouse jacking »

Julien Prioux - mis à jour le

Depuis quelques années, le mouse jacking s’est répandu en France. Cette technique de vol sans effraction est applicable sur les modèles de voitures les plus modernes. Elle consiste à détruire la sécurité informatique du véhicule grâce à un ordinateur et des logiciels.

Le mode opératoire du mouse jacking est à peu près toujours le même. Tout d’abord, les voleurs font un petit tour de quartier afin de dénicher la voiture qui les intéresse, en général une berline allemande ultra puissante. Une fois trouvée, ils doivent relever le numéro de série du véhicule visible sur le pare-brise, dont ils ont besoin pour commander une nouvelle clé chez le concessionnaire (il leur faut généralement des complices pour cela).

Un PC portable et une fausse clé

Une fois la clé en leur possession, ils doivent se munir de matériel informatique dont un PC portable. Avec la clé, les voleurs ouvrent la portière de la voiture et connectent leur machine à l’ordinateur de bord de la voiture. Grace à des logiciels dédiés, ils parviennent à reconfigurer les systèmes informatiques des voitures les plus sophistiquées. Une fois la manipulation réalisée, le véhicule démarre et les voleurs s’enfuient avec leur butin.

Les voleurs utilisent une copie de la clé mécanique de la voiture pour pouvoir y entrer.

Les voleurs utilisent une copie de la clé mécanique de la voiture pour pouvoir y entrer.

Plus récemment, des sites Internet ont commencé à proposer des clés de voiture vierges. Avec l’aide d’un boîtier spécial fourni aux acheteurs, il est possible de lire le code d’anti-démarrage et de simplement faire démarrer le véhicule ciblé par le voleur. Ce produit, appelé « key-educator », permet de démarrer le véhicule sans déprogrammer les anciennes clés et donc sans laisser de trace.

Anticiper le mouse jacking

Pour faire face à une attaque aussi sophistiquée que le mouse jacking, il existe un moyen relativement rudimentaire : utiliser une canne anti vol bloque-volant. Il s’agit d’une canne en acier qui permet de bloquer le volant et qui fonctionne avec un verrouillage à clé. Même si la voiture peut démarrer, le voleur ne peut la conduire.

Du côté de l’assurance auto

Un arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 22 septembre 2015, établit un précédent intéressant pour les victimes de vols de voitures sans effraction. L’affaire concerne une Peugeot 307 dérobée puis retrouvée à l’état d’épave plusieurs jours après. La Macif, qui assurait alors le véhicule, avait refusé de faire jouer sa garantie, prétextant qu’il n’y avait « aucune trace d’effraction au niveau de l’antivol de direction ainsi que sur les barillets extérieurs et sur le bouchon de carburant ». L’assureur se réfugie alors derrière l’article 5 des conditions générales de son contrat, selon lequel « le vol sans effraction du véhicule n’est pas garanti ».

déclaration de vol assurance

La cour d’appel de Paris a jugé, après plusieurs mois de déboires juridiques, que l’« effraction électronique constitue une effraction au sens commun du terme », et que « la garantie de l’assureur est due ». Elle établit également que la clause prévue dans l’article 5 des conditions générales du contrat est abusive parce qu’elle réduit les moyens de preuve de l’effraction. La cour d’appel insiste que le mode de preuve restrictif « ne correspond plus à la réalité des techniques modernes mises en oeuvre pour le vol des véhicule ».

Astuce Malynx !

Les propriétaires de voitures modernes et sophistiquées ont tout intérêt à comparer les assurances auto pour être certains que leur véhicule est couvert en cas de vol de voiture sans effraction

Le voyage de la voiture volée

Qu’arrive-t-il ensuite à la voiture volée ? La commissaire divisionnaire Hélène Dupif, chef de la brigade de répression du banditisme (BRB), explique que « des papiers sont volés dans des modèles identiques en Belgique ». En effet, les belges ont l’habitude de laisser leurs papiers de voiture dans la boîte à gants, de peur d’avoir à payer une forte amende pour non-présentation des documents.

Les voitures volées sont ensuite ré-immatriculées. Hélène Dupif précise qu’elles « passent entre les mains d’un maquilleur qui va refrapper les numéros de série sur la carrosserie, parfois enlever le pare-brise pour en mettre un neuf, et changer les étiquettes constructeurs dans les portes ». Une fois la voiture ré-immatriculée, elle est généralement revendue sur des sites de véhicules d’occasion comme La Centrale ou Le Bon Coin, sans que le nouvel acheteur n’en connaisse l’origine réelle.