Recours aux pièces de réemploi en assurance auto : une tendance en forte hausse après un sinistre
Le recours aux pièces de réemploi après un sinistre progresse ! Une nouvelle qui ravit les assurance auto. Cette tendance, qui se renforce année après année, touche un nombre croissant d’interventions dans les ateliers agréés par les assureurs.
Une utilisation en hausse dans les ateliers
Fin 2 025, plus de 6 % des pièces remplacées après un sinistre auto étaient des pièces de réemploi, selon les chiffres publiés par la Sécurité et Réparation Automobiles (SRA). Cette proportion, en augmentation par rapport à l’année précédente, confirme une tendance engagée depuis plusieurs années.
Le recours à ces pièces concerne davantage les véhicules les plus anciens. Pour les voitures âgées de cinq ans et plus, la part des pièces de réemploi atteint 8,5 %. À l’inverse, elle reste plus limitée pour les véhicules récents, pour lesquels les réparations auto nécessitent souvent des pièces neuves adaptées aux équipements technologiques.
Les experts automobiles recommandent plus fréquemment cette solution. Selon la SRA, au moins une pièce de réemploi est proposée dans 21 % des expertises réalisées après un sinistre, contre 17 % un an plus tôt.

Des pièces encadrées par la réglementation
Les pièces de réemploi utilisées dans les réparations concernent principalement les éléments de carrosserie, les optiques et certains composants mécaniques ne touchant pas directement à la sécurité du véhicule. Leur utilisation est strictement encadrée par la réglementation, qui impose qu’elles soient en bon état et compatibles avec le modèle réparé.
Depuis plusieurs années, les réparateurs ont l’obligation d’informer les automobilistes de la possibilité d’utiliser des pièces issues de l’économie circulaire. Cette mesure vise à favoriser le recyclage des véhicules hors d’usage et à limiter le recours systématique à des pièces neuves.
La hausse des coûts de réparation en toile de fond
Cette progression du recours aux pièces de réemploi s’explique en grande partie par l’augmentation continue des coûts de réparation automobile. Entre fin 2 024 et fin 2 025, le coût global des réparations après sinistre a progressé d’environ 6 %.
Dans le même temps, le prix moyen des pièces détachées a augmenté de 5,5 % et représente désormais plus de la moitié du montant total d’une réparation. Pour les assureurs, le développement du réemploi permet de contenir la hausse des dépenses liées à l’indemnisation des sinistres.
La hausse des pièces détachées, ces dernières années, a impacté le prix de l’assurance auto. En ayant recours à des pièces de seconde main, cela réduit les charges supportés par les assureurs limitant ainsi leur répercussion sur les primes futures.
Plusieurs compagnies renforcent ainsi leurs partenariats avec des centres de véhicules hors d’usage et structurent leurs réseaux de fournisseurs spécialisés dans le recyclage automobile. Certaines mettent également en place des dispositifs incitatifs auprès des réparateurs afin de favoriser cette solution lorsque cela est possible.
Un enjeu économique et environnemental
Le recours aux pièces de réemploi ne se limite pas aux économies : il répond aussi à des enjeux environnementaux. En réduisant la production de pièces neuves et l’impact écologique des réparations, cette pratique s’intègre désormais aux contrats d’assurance auto, permettant aux assurés de bénéficier de réparations plus responsables dans les ateliers agréés.
Selon la SRA, cette tendance devrait se poursuivre en 2026, dans un contexte où les coûts de réparation restent orientés à la hausse et où les exigences en matière de recyclage continuent de se renforcer.

