Assurance emprunteur : peut-on encore se voir refuser un crédit immobilier pour raisons de santé en 2026 ?
Souscrire un crédit immobilier implique presque toujours de passer par la case assurance emprunteur. . Pour la majorité des emprunteurs, la démarche est relativement fluide. Mais selon une étude récente relayée par Empruntis, près d’un Français sur dix déclare rencontrer des difficultés d’accès à cette assurance en raison de son état de santé. La question médicale reste un point de friction réel dans certains parcours d’achat immobilier.
Pourquoi l’assurance emprunteur reste un obstacle pour certains Français
Le rôle de l’assurance emprunteur est simple à comprendre : elle protège à la fois la banque et l’emprunteur en cas de coup dur. Mais pour évaluer le risque qu’elle prend en charge, l’assureur cherche à mesurer l’état de santé de la personne assurée. C’est là que les choses peuvent se compliquer.
Concrètement, une personne présentant un profil médical jugé plus risqué peut se voir proposer un contrat assorti d’une surprime. Autrement dit, il peut obtenir un tarif plus élevé que la normale.
Dans d’autres cas, certaines garanties peuvent être partiellement exclues, ou la couverture refusée. Les personnes touchées par une maladie grave, une affection chronique ou des antécédents médicaux significatifs sont souvent les plus concernées. Pour elles, ce qui devrait être une formalité peut devenir une étape longue et décourageante.
Des avancées importantes mais encore incomplètes
La situation a pourtant évolué de manière notable ces dernières années. L’une des avancées les plus concrètes est la suppression du questionnaire médical pour certains prêts immobiliers. En effet, les emprunteurs dont le montant assuré ne dépasse pas un certain seuil et dont le prêt se termine avant leurs 60 ans n’ont plus à répondre à des questions sur leur état de santé. Une mesure qui a simplifié l’accès à l’assurance pour une partie des profils autrefois pénalisés.
En parallèle, le droit à l’oubli permet désormais à certaines personnes ayant été atteintes d’un cancer ou d’une hépatite C de ne plus avoir à le déclarer à leur assureur. La seule condition est que le protocole thérapeutique soit terminé depuis un certain nombre d’années.
Une avancée significative, qui lève un obstacle longtemps vécu comme une double peine. Toutefois, ces dispositifs ne couvrent pas toutes les situations. Le seuil d’application du questionnaire médical supprimé reste limité. Certains profils ou montants de prêt continuent de faire l’objet d’une analyse médicale approfondie.
Pourquoi certaines situations restent compliquées ?
Prenons l’exemple d’une personne ayant traversé un cancer il y a plusieurs années, aujourd’hui en pleine forme, qui se lance dans un projet d’achat immobilier. Si sa situation entre dans le cadre du droit à l’oubli, la démarche sera simplifiée. Mais ce n’est pas le cas si les délais ne sont pas encore atteints ou que la pathologie ne figure pas dans la liste concernée. Dans ce cas, elle devra tout de même déclarer ses antécédents et peut se retrouver face à une surprime ou à des exclusions de garanties.
La même logique s’applique aux personnes souffrant d’une maladie chronique, d’un diabète de type 1 ou de certaines affections cardiovasculaires. Dans ces situations, l’accès à l’assurance n’est généralement pas impossible, mais il nécessite des démarches supplémentaires que beaucoup ne connaissent pas. Ces démarches peuvent décourager avant même d’avoir exploré toutes les options.
Comment mettre toutes les chances de son côté ?
Résultat : renoncer à un projet immobilier face à un premier refus ou à une surprime élevée serait souvent une erreur. Plusieurs leviers existent pour améliorer sa situation.
Le premier est la délégation d’assurance : depuis plusieurs années, tout emprunteur a le droit de choisir son assurance ailleurs qu’auprès de sa banque. Or les tarifs et les conditions d’acceptation varient sensiblement d’un assureur à l’autre, y compris pour les profils médicaux complexes. Comparer plusieurs offres avant d’accepter la première proposition peut faire une vraie différence.
Pour les situations les plus délicates, la convention AERAS « S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé » offre un cadre spécifique. Elle oblige les assureurs à examiner les dossiers à plusieurs niveaux successifs avant de pouvoir opposer un refus définitif, et prévoit des solutions adaptées dans certains cas.

