Refus d'assurance auto et habitation : +11 % en 2025
Les refus d’assurance auto et habitation augmentent en France. En 2025, le Bureau central de tarification a rendu 881 décisions, soit 11 % de plus qu’en 2024. Derrière cette hausse se cachent des milliers de particuliers qui peinent désormais à trouver un assureur prêt à les couvrir. Pour autant, un refus d’assurance ne signifie pas qu’il est impossible de se couvrir.
De plus en plus de Français peinent à trouver une assurance
Cette difficulté d’accès à l’assurance concerne désormais aussi bien l’auto que l’habitation. En auto, le BCT a traité 449 dossiers en 2025. En assurance habitation, la hausse est encore plus marquée : +30 % par rapport à l’année précédente, portée notamment par une forte augmentation des dossiers liés aux copropriétés dégradées.
Ce durcissement des conditions d’assurance n’a rien d’anodin. Les assureurs font face à une sinistralité en hausse, à des événements climatiques plus fréquents et à des coûts de réparation qui s’envolent. Dans ce contexte, les compagnies renforcent progressivement leurs critères de sélection. Résultat : certains profils considérés comme plus risqués rencontrent aujourd’hui de vraies difficultés pour trouver une couverture.

Quels profils sont les plus exposés ?
Tous les assurés ne sont pas exposés de la même manière à ces refus. Certains profils concentrent une grande partie des difficultés.
En assurance auto, la sinistralité est la première cause de refus : elle représente 52 % des dossiers. Un conducteur résilié après plusieurs accidents responsables peut rapidement se retrouver dans une situation délicate. Les assureurs consultent le fichier des résiliations et les antécédents parlent d’eux-mêmes.
Les infractions liées à l’alcool et aux stupéfiants constituent le deuxième motif, avec 20 % des cas. Même lorsqu’il s’agit d’un incident isolé, ce type d’antécédent peut fortement compliquer l’accès à une nouvelle assurance.
Du côté de l’assurance habitation, la situation des copropriétés dégradées concentre une part croissante des refus. Des immeubles vétustes, des impayés de charges, des sinistres répétés : les assureurs préfèrent s’écarter. Les logements situés en zones exposées aux inondations ou aux feux de forêt rencontrent le même problème.
Le Bureau central de tarification : la solution de dernier recours
Face à ces refus, beaucoup d’assurés pensent ne plus avoir de solution. Pourtant, un dispositif spécifique existe en France pour éviter de se retrouver totalement sans couverture. En effet, la responsabilité civile auto est un minimum obligatoire. Idem pour l’assurance habitation des locataires. Un refus d’assureur ne peut donc pas être une impasse définitive.
C’est là qu’intervient le Bureau central de tarification. Son fonctionnement est simple : si vous essuyez un refus d’assurance, vous pouvez saisir le BCT. Cet organisme oblige alors un assureur à vous couvrir, au minimum en responsabilité civile, à un tarif qu’il fixe lui-même.
En contrepartie, la couverture proposée reste généralement limitée au minimum obligatoire. Mais vous serez couvert et en règle. Le BCT est un filet de sécurité, pas une solution idéale. Mieux vaut ne pas en arriver là.
Comment limiter le risque de refus d’assurance
Dans ce contexte, mieux vaut anticiper plutôt que subir un refus d’assurance au dernier moment.
D’abord, déclarez précisément votre situation lors de toute souscription. Une fausse déclaration peut entraîner une nullité de contrat. C’est bien plus grave qu’un refus.
Ensuite, anticipez avant une résiliation. Si votre assureur envisage de ne pas renouveler votre contrat, cherchez une alternative avant l’échéance. Attendre d’être sans assurance complique considérablement les démarches.
Enfin, comparez les contrats. Comparer les assurances auto et habitation peut permettre d’identifier des assureurs plus adaptés à certains profils considérés comme « à risque ». Certaines compagnies se spécialisent dans ces situations et proposent des offres ciblées : malussés, jeunes conducteurs, copropriétés fragiles.
Un refus d’assurance est déstabilisant, mais ce n’est pas une fatalité. Le Bureau central de tarification permet malgré tout d’éviter de se retrouver totalement sans assurance. Et en anticipant, en comparant les offres et en soignant ses déclarations, on met toutes les chances de son côté bien avant d’en arriver là.
