Fin de l’ARENH : vers une hausse des prix de l’électricité ?
Le dispositif Arenh a pris fin le 31 décembre dernier. Ce dernier obligeait EDF à céder à ses concurrents un tiers de sa production nucléaire annuelle à un prix très avantageux. Par quoi est-il remplacé ? Quel impact pour les particuliers ? LeLynx.fr, comparateur d’énergie, fait le point.
La fin du tarif réglementé de l’électricité nucléaire
Créé en 2011, l’Arenh, pour Accès régulé à l’électricité nucléaire historique, permettait aux fournisseurs alternatifs d’accéder à un prix régulé à 25 % de l’électricité nucléaire produite en France.
Les fournisseurs d’électricité pouvaient ainsi acheter une partie de l’électricité nucléaire à 42 €/MWh et proposer à leurs clients des offres compétitives. L’objectif était de développer la concurrence sur le marché de l’électricité en donnant aux autres fournisseurs un accès équitable à l’électricité produite par le parc nucléaire historique d’EDF.
L’Arenh a ainsi permis de limiter l’impact des hausses de prix de gros sur les tarifs proposés aux clients qu’ils soient des particuliers ou des entreprises.
Cette spécificité française a été mise en place dès 2011 comme un dispositif transitoire. Il est remplacé depuis le 1er janvier 2026 par le Versement nucléaire universel, le VNU.

Qu’est-ce que le versement nucléaire universel ?
Depuis 2011, le marché de l’électricité a beaucoup changé. L’Arenh était pointé du doigt par :
- L’Union européenne : les prix de gros ont flambé et le tarif régulé a faussé la concurrence avec les autres fournisseurs ;
- EDF : en période de prix élevés sur le marché, le mécanisme obligeait l’entreprise à vendre son électricité nucléaire à un tarif plafonné, bien inférieur aux coûts réels de production. Ce tarif, figé depuis plus de dix ans sans ajustement à l’inflation, limitait aussi sa capacité à financer les investissements nécessaires.
C’est dans ce contexte qu’entre en vigueur le Versement nucléaire universel. Le mécanisme de ce nouveau dispositif est très différent et repose sur un principe de seuil.
Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Si EDF vend son électricité nucléaire plus cher que le prix limite fixé par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), le surplus d’argent est récupéré pour être reversé à tous les consommateurs, quel que soit leur fournisseur.
Pour la période 2026-2028, la CRE estime que le coût complet de la production nucléaire s’élève à 60,3 €/MWh. Le VNU s’enclenche si les prix dépassent un certain seuil. Voici trois scénarios prévus :
- Si le prix est bas (en dessus de 78 €/MWh) : il n’y a pas de protection particulière pour les ménages. Votre facture d’électricité suit les prix du marché. EDF garde la totalité de ses revenus pour financer ses activités ;
- Si le prix est élevé (entre 78 € et 110 € /MWh) : dès que le prix du MWh dépasse 78 €, EDF ne conserve que 50 % des bénéfices supplémentaires. L’autre moitié est récupéré par l’Etat et automatiquement utilisée pour faire baisser la facture de tous les Français ;
- Si le prix s’envole (au-dessus de dépasse 110 €/MWh) : les ménages sont protégés contre l’envolée des prix de gros. L’État prélève 90 % des revenus d’EDF au-delà de ce seuil. C’est un véritable bouclier pour éviter que vos factures ne doublent en cas de crise énergétique.
Des factures stables à court terme
Pour 2026-2027, le gouvernement table sur une stabilité des factures d’électricité. Plusieurs facteurs jouent en faveur des consommateurs :
- Les prix de gros de l’électricité décarbonée française restent actuellement à un niveau bas ;
- Le gouvernement a annoncé une baisse de la Contribution Tarifaire d’Approvisionnement (CTA) dès le mois prochain.
Afin de vous protéger contre d’éventuelles fluctuations du marché, la comparaison d’offres d’énergie reste le meilleur moyen. Vous pouvez changer d’offre dès que vous le souhaitez : tous les contrats sont sans engagement ! Le changement de fournisseur d’électricité et de gaz est gratuit et sans justificatif.