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La descente aux enfers du Smecta, moins bien remboursé

Les autorités ont décidé de durcir le remboursement du Smecta, produit en France, au profit d’un nouveau générique américain. L’avenir du laboratoire qui produit ce médicament 100% tricolore est désormais menacé.

smecta argile

Une douleur à l’estomac ? Une diarrhée persistante ? Le Smecta a toujours été l’allié des moments difficiles. Produit par le laboratoire Ipsen en France, ce médicament non-générique a subi ce mercredi 3 février un durcissement de son remboursement. A l’inverse, son rival américain, un générique produit en Chine par le laboratoire Mylan, devrait tirer bénéfice de la situation.

En effet, le Smecta étant de 4,39€ pour une boîte de 30 sachets, le reste à charge pour le patient est de 0,79€. Le pansement intestinal de Mylan est quant à lui conseillé à 3,60€ sans aucun reste à charge. Comment expliquer l’acceptation par les autorités d’un dumping économique à l’encontre d’un laboratoire français ? « Si rien n’est fait, la situation sera vraiment compliquée pour nous, explique un salarié d’Ipsen au Parisien. Fin 2020, 90 postes ont déjà été supprimés ».

Mauvaise nouvelle pour les patients

Le Smecta, connu dans le monde entier, est un « fleuron pharmaceutique ». Pour le défendre, Arnaud Montebourg avait bloqué le remboursement du générique Mylan par la Sécurité sociale. En retour, Ipsen avait baissé le prix de son médicament de 15%. Mais en 2019, Mylan a obtenu une dérogation des autorités : le laboratoire américain pouvait obtenir un remboursement si son prix était 60% inférieur au non-générique ; alors qu’en réalité, il n’était inférieur que de 30%.

Ipsen s’est retrouvé dans une impasse avec un dilemme : baisser encore son prix de 20%, ce qui allait conduire à sa faillite, ou accepter un remboursement équivalent à la concurrence (3,60€). « Le laboratoire va perdre de l’argent, explique Gilles Bonnefond, président de l’Union des pharmaciens d’officine. Le patient aussi, avec des remboursements moins importants et un générique pas forcément bien distribué partout. » Ni le ministère de la Santé, ni la ministre chargée de l’Industrie n’ont voulu répondre aux journalistes du Parisien.

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