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Remdésivir : le premier essai inquiète le monde médical

L’Union européenne a autorisé il y a quelques mois la mise sur le marché du médicament antiviral remdésivir (sous le nom de Veklury). La revue médicale Prescrire condamne une précipitation inconsciente, au vu des effets secondaires observés depuis.

remdesivir covid

Va-t-on assister à un nouveau scandale pharmaceutique ? En juillet 2020, cherchant à tout prix un remède au coronavirus, l’Union européenne a autorisé la vente de remdésivir pour soigner les patients en insuffisance respiratoire. Problème : l’efficacité de ce produit sur le virus n’a jamais été testée, ni ses effets. En plus d’être coûteux et plutôt rare, l’antiviral Veklury a tout de même obtenu le blanc-seing des institutions.

Aujourd’hui, on apprend dans la revue spécialisée Prescrire que les résultats du premier essai randomisé (versus placebo) n’ont rien donné de probant. Malgré l’inclusion de près d’un millier de patients, aucune diminution de mortalité n’a été constatée avec le remdésivir. Pire, il « expose à des réactions d’hypersensibilité, et peut-être à des atteintes rénales et hépatiques ». En confondant vitesse et précipitation, les autorités sanitaires ont pris un risque pour les patients.

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Un manque de rigueur qui pose question

Mettre en vente un produit non testé, que l’on a découvert potentiellement dangereux a posteriori, pose une question éthique. Mais pointe aussi la responsabilité de l’Agence européenne du médicament (EMA), comme l’explique Prescrire : « elle donne à certains l’impression qu’elle a rempli son rôle (…) mais l’EMA a manqué de rigueur dans sa relation avec les firmes, aux dépens des patients et des soignants, laissés dans l’incertitude. »

Pour quels motifs un organisme européen a-t-il pu céder aux insistances d’un laboratoire privé ? Surtout quand l’on sait que les arguments opposés – pour la plupart à juste titre – à l’hydroxychloroquine auraient pu l’être également pour le remdésivir. « Même conditionnel, avec réévaluation dans un an, cet octroi supprime l’incitation principale à mieux évaluer de façon comparative randomisée sur les critères majeurs que sont les gestes de réanimation et la mortalité », conclut la revue médicale.