Forfait psy : le protocole empêche le remboursement

Les psychologues ont manifesté dans toute la France, jeudi 10 juin, contre les politiques qui encadrent leur profession. Ils critiquent notamment la règlementation autour du forfait psy.

psychologue

« Nous ne savons renoncer à rien », disait Sigmund Freud. Et cette maxime peut s’appliquer aux conditions de travail décentes, auxquelles les psychologues n’ont pas renoncé, lançant un appel qui réunit le Syndicat national des psychologues, la Fédération française des psychologues et de psychologie, la CGT et le Siueerpp. Principale cause de leurs soucis du moment : l’expérimentation du forfait psy, donc du remboursement de dix séances par an et des séances gratuites pour les étudiants.

Validés par la Cour des comptes en février 2021, les forfaits psy doivent permettre de rembourser les patients en souffrance psychique. Les psychologues sont favorables à cette mesure, mais dénoncent un protocole très pesant qui empêche tout simplement sa mise en place. Pour être pris en charge, un patient doit d’abord consulter un généraliste, pour se faire prescrire une première consultation ; le psy doit renvoyer le patient chez le médecin qui lui prescrira ensuite 10 séances de 30 minutes. S’il en a besoin de davantage, il devra retourner chez son généraliste.

Quel « psy » choisir pour quelle prise en charge ?
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Séances courtes et mal remboursées

Les psychologues dénoncent donc un parcours du combattant dissuasif, mais aussi un nombre important de séances trop courtes (un rendez-vous dure normalement entre 45 minutes et 1 heure et demi). Ils requièrent donc un accès libre aux séances, avec un remboursement plus important. Selon eux, la prise en charge par la Sécurité Sociale de 22€ à 32€ sans dépassement d’honoraires ne permet pas de joindre les deux bouts.

De nombreuses autres revendications sont affichées : la revalorisation des salaires, la création de postes dans le public, plus de moyens pour les institutions, une meilleure reconnaissance de leur qualification et le respect de la diversité des approches. Ils sont aussi sceptiques quant à la création d’un Ordre des psychologues et l’obligation de respecter les recommandations de bonnes pratiques professionnelles de la Haute autorité de santé (HAS).