Une faible augmentation des dépenses de santé en 2020

La pandémie de Covid-19 aura bouleversé la France à tous les niveaux. L’édition 2021 des résultats des comptes de la santé révèle une augmentation inédite. Les coûts de santé ont progressé de 0,4% en 2020, soit le « plus faible [rythme] jamais observé ». Quelles en sont les raisons ? Explications.

stetoscope et billets

La DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) a dévoilé dans son rapport sur les dépenses de santé en 2020 des résultats détaillés sur les coûts des soins médicaux en France. Il s’agit plus précisément de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM). Parmi l’ensemble des chiffres, publiés le 15 septembre dernier, l’un d’entre eux retient une attention toute particulière.

Entre 2019 et 2020, le montant des soins a augmenté de « seulement » 0,4%. C’est le plus faible rythme jamais enregistré depuis 1950, année marquant le début des publications des coûts de santé en France. En effet, en 2019, ce montant s’élevait à environ 208,4 milliards d’euros. Pour l’année 2020, la DREES a estimé ce coût global à 209,2 milliards d’euros.

A titre de comparaison, les dépenses des CSBM sont passées d’environ 204,2 milliards d’euros en 2018 à 208,4 milliards en 2019, soit une évolution de 2%. Un rythme régulier depuis 2011.

Une faible évolution due à la pandémie

Avec la crise sanitaire, nous aurions pu nous attendre à une augmentation fulgurante des coûts de santé en France, et pourtant. Si cette évolution est relativement faible, cela s’explique en partie par le fait que les Français se sont moins soignés durant la première année de pandémie.

En effet, plusieurs sondages, réalisés depuis le début de la crise sanitaire, révélaient que les Français craignaient de se rendre dans des cabinets ou des centres de santé de peur d’être contaminés. Cette crainte peut se lire au sein des résultats de la DREES.

Les soins ambulatoires, c’est-à-dire ceux dispensés en ville, dans des cabinets, centres de santé ou dispensaires, ont vu leur montant diminuer de 2,5% par rapport à 2019. Dans le détail, le coût des dépenses en soins dentaires a reculé de 8,9%. Concernant les médecins et sages-femmes, les dépenses ont diminué de 4,8%.

A l’inverse, les laboratoires d’analyse ont vu leurs dépenses bondir de 37,4%, notamment avec les centaines de tests de dépistage réalisés depuis le début de la crise sanitaire.

Mais au fait, qui a pris en charge les coûts dont il est question ? Dans son rapport, la DREES indique que la Sécurité sociale a financé 79,8% des coûts globaux. Les complémentaires santé ont pris en charge 12,3% de ces dépenses. Enfin la part des ménages français s’établit à 6,5%. La France reste « le pays de l’OCDE où les ménages sont le moins mis à contribution financièrement » pour les soins de santé, selon la DREES.