Grossesse et paracétamol : danger pour la mère et l’enfant

Une méta-étude parue le 23 septembre 2021 dans la Nature Reviews Endocrinology alerte les femmes enceintes sur les dangers de la prise de paracétamol lors de la grossesse. Considéré à tort comme un médicament sans effets secondaires, cet antidouleur présente des risques à la fois pour la santé de la mère et de l’enfant.

Paracétamol : perturbateur endocrinien

Le docteur David M. Kristensen, chercheur à l’université de Copenhague et l’un des principaux auteurs de l’étude, déplore le fait que la prise de paracétamol soit si communément admise et que ses effets soient perçus comme anodins. Utilisé au départ pour calmer de fortes fièvres, des maux de tête ou des courbatures, il est vrai que 50% des femmes enceintes prennent du paracétamol dans le monde. Un chiffre qui pourrait faire peur si l’on considère les effets de ce médicament, comme : 

  • La perturbation de la production de certaines hormones, du côté de la mère et du bébé. Un panel de 13 chercheurs de spécialités différentes ont suivi de près l’impact du paracétamol sur des femmes enceintes entre 1995 et 2020 et ont conclu à une croissance anormale des troubles urogénitaux et reproductifs ;
  • Les troubles neurologiques influant sur le comportement, l’apprentissage et le développement cognitif de l’enfant.

L’antidouleur est assimilé différemment par l’organisme de la femme lorsque celle-ci attend un enfant, ce qui les rend tous les deux plus fragiles face aux effets toxiques du médicament.

Paracétamol : facteur de développement de troubles de l’attention

Nombreux sont les médicaments dangereux pour la femme enceinte, mais le sujet du paracétamol en particulier n’est pas nouveau. Plusieurs analyses avaient déjà affirmé les risques de cette association, à l’image d’une étude parue en juin 2021 dans la revue European Journal of Epidemiology. Sur un panel de 70 000 enfants, l’étude démontrait que la prise de paracétamol avant la naissance débouchait sur : 

  • 21% plus de chances de développer des troubles de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH) ;
  • 19% plus de chances de développer un trouble autistique (TSA).
Le danger du paracétamol pour la femme enceinte et son bébé est surtout dû à une prise régulière ou même excessive du médicament. Une consommation occasionnelle à faible dose demeure inoffensive et est bien plus indiquée que l’aspirine pendant la grossesse.

La conclusion reste évidente : en plus de toutes les restrictions dont les femmes enceintes souffrent déjà, il faut essayer de se passer d’antidouleurs et antalgiques dans la mesure du possible et préférer la consultation à une automédication un peu risquée. Pour rappel, même si le paracétamol est en vente libre dans les pharmacies sur le territoire français, il se trouve derrière le comptoir depuis janvier 2020, tout comme l’ibuprofène. Cette disposition oblige les patients à dialoguer avec leur pharmacien pour l’obtenir.