En continuant la navigation, vous acceptez les cookies. Ils nous permettent d'améliorer nos contenus pour vous proposer des services adaptés. En savoir plus
Vous pouvez également consulter notre politique de confidentialité ici.

Cancer de la thyroïde : les surdiagnostics font des ravages

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a noté une explosion du nombre de surdiagnostics de cancer de la thyroïde. Ces derniers entraînent de nombreux préjudices pour les patients, qui se voient traités à vie et parfois opérés sans besoin.

thyroide

Une étude parue dans la revue The Lancet diabetes and endocrinology vient de soulever un problème majeur concernant les diagnostics de cancer de la thyroïde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), branche de l’OMS, a en effet remarqué un accroissement inquiétant du nombre de surdiagnostics. Cela consiste à repérer chez le patient des lésions cancéreuses qui ne conduiront pas nécessairement à des symptômes ni à la mort.

Ces surdiagnostics pourraient avoir concerné plus d’un million de personnes, soit dans le détail 830 000 femmes et 220 000 hommes. Le cancer de la thyroïde concerne en effet beaucoup plus les femmes. Les surdiagnostics se traduisent bien souvent par la prescription de traitements à vie, parfois par l’ablation totale de la glande thyroïde. Ils conduisent souvent vers de réels cancers.

Lévothyroxine sodique : effets secondaires, hormone thyroïdienne, dangers…
Lire l'article

25 000 surdiagnostics en France

Entre 2008 et 2012, certains pays ont davantage été concernés que les autres. La proportion de cancers chez la femme attribuables à un surdiagnostic atteint 93% en Corée du Sud, 91% en Biélorussie, 87% en Chine, 84% en Italie et en Croatie, et 83% en France et en Slovaquie. En nombre de malades, la Chine est bien devant, avec 390 000 cas ; la France, elle, en compte 25 000.

Le docteur Salvatore Vaccarella, qui a mené la recherche, est convaincu qu’il faut surveiller « l’impact des récentes directives, qui recommandent désormais explicitement de ne pas dépister le cancer de la thyroïde chez les individus sans symptôme ». Le docteur MengMeng Li, également chercheur au Circ, affirme : « L’amplitude du phénomène augmente avec le temps. Ces chiffres risquent d’être plus élevés pour les périodes postérieures ».