Manque de sommeil : une mauvaise nuit peut affecter votre façon de marcher

On le sait, le manque de sommeil peut avoir des conséquences délétères sur la santé. Prise de poids, irritabilité, difficultés à se concentrer… Une autre conséquence négative peut survenir à la suite d’une ou plusieurs nuits de sommeil de mauvaise qualité et elle a un rapport avec… votre marche ! 

Une seule heure de moins (ou de plus) et c’est votre journée qui est bouleversée. Nombreux sont les contrecoups d’une nuit de sommeil tronquée. Que cela soit en raison du bruit ambiant ou d’une insomnie, une mauvaise nuit peut avoir des conséquences à court terme. Si c’est une bonne partie des activités cognitives qui sont concernées, une étude révèle que la fatigue peut influencer notre façon de marcher.

Un lien marche-sommeil avéré

Ce sont des chercheurs de l’Université de São Paulo (Brésil) qui en sont venus à cette conclusion en faisant passer un test de déambulation à des étudiants afin qu’ils étudient la trajectoire de leur démarche et leur capacité à garder une certaine fluidité. 

À l’aide d’une montre connectée qui enregistre leurs phases de sommeil et la durée d’activité physique, les chercheurs ont pu dégager une tendance assez intéressante. Les étudiants, qui ont dormi 6 heures par nuit pendant plusieurs jours, ont ensuite formé deux groupes à la veille du 14e jour. Tous les étudiants d’un groupe ont dû effectuer une nuit blanche quand ceux de l’autre ont, en revanche, pu dormir à leur guise

Les chercheurs ont ensuite soumis tous les étudiants à un test de marche consistant à marcher sur un tapis roulant dont la vitesse était la même pour tous et, dans le même temps, caler leur rythme à celui d’un métronome. Un constat a vite été dégagé par les chercheurs : « Ils devaient synchroniser leur coup de talon avec le rythme, et les erreurs étaient plus importantes chez les personnes souffrant d’une privation de sommeil. »

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Manque de sommeil : est-il possible de rattraper ses heures ?

Le professeur Hermano Krebs qui a mené l’étude a relevé que le nombre d’heures de sommeil a une incidence directe sur la capacité des étudiants à pouvoir marcher correctement. Le groupe « nuit blanche » a éprouvé un certain mal à respecter le rythme imposé, à l’inverse de ceux qui ont pu rattraper, la veille, les six heures de sommeil par nuit qui étaient devenus la norme. 

Les chercheurs indiquent que « les résultats montrent que la marche n’est pas un processus automatique et qu’elle peut être affectée par la privation de sommeil », qu’« idéalement, tout le monde devrait dormir huit heures par nuit, mais que nous devrions compenser aussi régulièrement que possible, dans le cas où il n’est pas possible de respecter ce nombre d’heures. »

En effet, Arturo Forner-Cordero, l’un des chercheurs a fait part de sa surprise vis-à-vis du groupe ayant mieux réussi ce test : « C’est paradoxal. Même au plus fort du moment où la plupart des gens étaient fatigués, ce groupe de compensation a fait mieux, ce à quoi nous ne nous attendions pas ».

L’étude se révèle intéressante dans la mesure où elle nous confirme que : 

  • La marche dépend en partie de l’activité cognitive ;
  • Rattraper ses nuits peut être utile dans une certaine mesure.