Endométriose : Emmanuel Macron veut développer une stratégie nationale pour mieux traiter la maladie


Le 11 janvier, Emmanuel Macron annonçait une stratégie nationale autour de l’endométriose afin de mieux traiter cette maladie qui touche aujourd’hui une femme sur dix. Le chef de l’État souhaite également faire connaître davantage ce problème de santé qui « n’est pas un problème de femme » mais « un problème de société » et faire en sorte qu’il soit mieux pris en charge. 

« Débloquer des moyens à la hauteur des enjeux »

Endométriose débloquer des moyens à la hauteur des enjeux
Fruit d’un rapport diligenté par le ministre de la santé Olivier Véran, la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose aura pour but de « mieux comprendre cette maladie et ses causes, et trouver des traitements thérapeutiques ». C’est Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue et députée européenne qui a, avec ses équipes de médecins, chercheurs et associations de parents, mené la réflexion autour de cette stratégie qui représente « un aboutissement pour [elle] et pour toutes ces femmes qui ont connu des difficultés pour avoir un enfant, qui ont perdu leur travail… »

Le président de la République souhaite par ailleurs « développer un « réflexe endométriose » auprès de tous les publics : à l’école, à l’université, à la maison, au bureau, et même, et surtout, dans les milieux médicaux », au-delà des « moyens à la hauteurs des enjeux » qu’il a annoncé vouloir débloquer.

Concrètement, qu’est-ce que l’endométriose ?

Découverte en 1860, cette maladie concerne plus de deux millions de femmes en France et se révèle handicapante au quotidien pour la majorité d’entre elles. Allant de vives douleurs au niveau de la zone pelvienne à l’infertilité, l’endométriose peut avoir de nombreux symptômes et a, durant longtemps, été méconnue du grand public tant elle revêt des formes différentes selon les femmes qui ont sont atteintes. 

L’endométriose se caractérise par la présence de tissu utérin (dit endométrial) en dehors de la cavité utérine. C’est lors du cycle menstruel que des cellules de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus, remontent vers le haut par la voie des trompes au lieu de descendre vers le bas de l’appareil génital. C’est ce cheminement anormal de cellules qui ne sont pas à leur place naturelle qui provoque de vives douleurs à celles qui ont en sont atteintes, et ce, dès l’adolescence.

À noter que chez certaines femmes, la maladie se déclenche sans pour autant manifester de symptôme.

Aujourd’hui encore, le diagnostic de l’endométriose peut prendre plusieurs années et n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Mais depuis le 13 janvier et un vote d’une résolution à l’Assemblée nationale et la reconnaissance l’endométriose en affection de longue durée (ALD), celle-ci verra ses soins être intégralement remboursés.

Une maladie protéiforme

Cette maladie prend généralement trois formes

 

  • L’endométriose péritonéale (considérée comme superficielle) est reconnaissable par la présence par de légères lésions au niveau du péritoine, une petite membrane qui tapisse la cavité abdomino-pelvienne. Ces lésions sont également appelées « implants endométriosiques péritonéaux » ;

  • L’endométriose ovarienne peut quant à elle être diagnostiquée par la présence de lésions kystiques, allant de quelques millimètres à quelques centimètres, à la surface d’un ou des deux ovaires. Les femmes atteintes d’une endométriose ovarienne souffrent de fortes douleurs durant leur cycle menstruel (dysménorrhées) ainsi que de douleurs urinaires. Bien qu’elle présente une possibilité d’être traitée grâce à une opération chirurgicale, l’endométriose ovarienne n’en reste pas moins compliquée à opérer dans la mesure où ces lésions peuvent s’invaginer dans l’ovaire. Le risque de développer une complication ou une infertilité n’est alors pas nul ;
  • L’endométriose pelvienne profonde, encore plus handicapante, désigne des lésions fibreuses dont la profondeur dépasse les 5 mm pouvant investir les trompes, les ligaments utérosacrés (réunissant la partie inférieure de la face postérieure du corps utérin au sacrum). Ce type d’endométriose peut aussi atteindre les organes digestifs comme le rectum ou le colon (on parle alors d’endométriose digestive, représentant 20 % des cas)  ou urologiques (vessie et urètres).

On distingue également d’autres formes d’endométrioses, plus rares, comme l’endométriose pariétale (survenant après une césarienne) ou les endométrioses diaphragmatiques et thoraciques. Ces dernières, bien moins communes, investissent la zone thoracique et parfois abdominale dans certains cas. Elles se révèlent par des douleurs aux niveaux des abdominaux, de l’épaule ou une sensation d’étouffement.

Selon l’institut d’endométriose IFEM Endo, on recense 25 à 50 % d’endométrioses ovariennes, 20 % d’endométrioses à lésion profonde et 15 % d’endométrioses digestives avec des lésions sur le diaphragme. 

Est-il possible de guérir de l’endométriose ?

Endométriose guérir

Bien qu’il n’existe pas encore de mesure de prévention de l’endométriose, seulement des moyens de la soigner, on constate que certaines lésions superficielles disparaissent dans un tiers des cas grâce à certains traitements (chirurgie ou hormonothérapie) ou d’elles-mêmes, sans une quelconque intervention extérieure.

Il est également conseillé aux personnes atteintes d’endométriose de veiller à leur hygiène de vie, ce qui leur permettrait de réduire leurs douleurs. Il s’agit là de l’une des priorités des patientes pour qui ces inconforts peuvent finir par être usants à moyen et long terme. Meilleure alimentation, activité physique, thérapies douces (acupuncture, naturopathie, yoga…) gestion du stress et des émotions… Il existe plusieurs bons réflexes à adopter pour combattre ces douleurs qui se déclenchent inopinément. D’ailleurs, de nombreuses femmes qui en sont atteintes évoquent le versant psychosomatique de la maladie, de douleurs voire d’aggravations dues à un stress psychologique ayant des répercussions sur l’organisme.

Il est important pour les personnes atteintes d’endométriose dont les douleurs sont difficilement supportables de se tourner vers le corps médical rapidement, au risque de se confronter au phénomène de « sensibilisation du cerveau ». Ce dernier, devenant hyperactif et donc hypersensible, se met à amplifier lesdites douleurs. Il est également possible d’avoir recours à des antalgiques voire des traitements hormonaux pour les calmer lorsque cela s’avère nécessaire.

Des associations comme EndoFrance (Association française de lutte contre l’endométriose) se proposent notamment de répondre aux interrogations des personnes atteintes d’endométriose. Le site du Ministère des Solidarités et de la Santé, Santé.fr, fait également le point sur vos droits si vous êtes concernée par la maladie, à l’adresse suivante : https://www.sante.fr/vos-droits-face-lendometriose.

 

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