Cancer du sein : les anti-transpirants et déodorants à bannir ?

S’ils retiennent votre transpiration, ils font en revanche couler beaucoup d’encre dernièrement ! Les anti-transpirants, plus communément admis dans la famille des déodorants, ont fait l’objet d’une nouvelle étude dans la revue International Journal of Molecular Sciences. Les effets nocifs des sels d’aluminium sur la santé des femmes et les risques de cancer du sein y sont détaillés.

Les chiffres du cancer du sein ne vont pas en s’améliorant. Il s’agit toujours du cancer le plus fréquemment dépisté chez la femme (une femme sur douze développe un cancer du sein dans sa vie). C’est aussi le plus meurtrier : 685 000 femmes sont mortes suite à ce type de cancer en 2020. Pourtant, c’est un des cancers qui se soignent le mieux s’il est dépisté assez tôt et cela, simplement par votre médecin traitant : le taux de survie est estimé à 87% !

C’est pourquoi deux oncologues et chercheurs suisses travaillant à la clinique des Grangettes (Chêne-Bougeries, dans le canton de Genève, en Suisse), Stefano Mandriota et André-Pascal Sappino, poursuivent leurs recherches. À l’initiative de l’étude mentionnée plus tôt, ils estiment que le danger repose massivement sur le fait que les femmes utilisent ces produits quotidiennement et sur des peaux lésées ou irritées. Les principaux ingrédients qui posent problème : les sels d’aluminium.

Les dangers du sel d’aluminium

S’ils sont utilisés par les marques de cosmétiques, c’est qu’ils ont leur utilité : ce sont eux qui vont servir de barrière contre vos glandes sudoripares, au nombre de 3 millions dans notre corps. Cela signifie qu’ils contribuent à réduire votre transpiration drastiquement. Ces sels sont surtout contenus dans les produits dits « anti-transpirants » tandis que les « déodorants » servent à masquer les odeurs mais laissent les conduits sudoripares sécréter la sueur.

Cependant, ces composants présentent des risques très sérieux pour les cellules mammaires. Les deux scientifiques avaient d’ailleurs procédé à une expérience inédite en 2016 : l’injection de « cellules mammaires cultivées en présence de sels d’aluminium » à des souris. Le résultat était alarmant : des tumeurs ont été détectées chez toutes les souris, à petite ou grande échelle.

Les sels d’aluminium viennent perturber l’ordre établi dans les gênes du corps humain : ils « induisent des brisures » et « déstabilisent les chromosomes ». Ce bouleversement dans les cellules est un symptôme bien connu des cancers développés par les humains.

Les mesures pour exclure cet ingrédient de nos cosmétiques tardent à venir

Les fabricants des différents déodorants sur le marché sont encore nombreux à prôner l’innocence des sels d’aluminium dans ce débat de santé publique, assurant que l’aluminium est avant tout éliminé sur les vêtements et non absorbé par la peau.

La FEBEA (ex FIPAR, Fédération des Entreprises de la Beauté) indique d’ailleurs sur son site que tous les déodorants sont soumis à « une stricte réglementation européenne » contrôlant l’élaboration de tous les produits sur le marché européen. L’argument principal mis en avant : le taux maximal de 0,6% de sels d’aluminium à respecter dans la composition du produit.

Comment savoir si mon déodorant comporte des sels d’aluminium ?

Si votre déodorant ou antitranspirant comporte ces mentions, il faut à tout prix en changer :

  • « Aluminium chlorohydrate » ou « chloride » ;
  • « Aluminium Sesquichlorohydrate » ;
  • « Aluminium zirconium pentachlorohydrate ».

Malheureusement, les sels d’aluminium ne sont pas les seuls composants toxiques que contient votre allié contre les mauvaises odeurs… À éviter lorsque vous achetez votre déodorant : le propylparabène, le cyclopentasiloxane et le méthylparabène, qui sont des perturbateurs endocriniens, mais aussi le phénoxyéthanol.