Cancer du sein : la HAS donne son feu vert au Trodelvy

C’est une petite avancée dans le monde médical et une alternative prometteuse qui nous parviendra le 1er novembre prochain. Le Trodelvy, médicament conçu par Gilead, a reçu le feu vert de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour être utilisé dans le traitement du cancer du sein triple négatif, menaçant la santé de femmes de plus en plus jeunes.

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Une nouvelle arme contre le cancer du sein

Le nouveau médicament, autorisé de manière précoce, l’a été dans un cadre bien spécifique. Ce traitement par anticorps « contient une molécule de chimiothérapie », décrit le Docteur César Beltran Garcia, chef du service de radiothérapie et oncologue à l’Unité de Radiothérapie République Nevers. Le spécialiste précise que le cancer du sein métastatique triple négatif « concerne environ 15 % des cancers du sein », considérés comme « les plus virulents ».

Le Trodelvy va être utilisé par 500 à 600 patientes selon Michel Joly, président de Gilead en France. Il fait partie des rares médicaments à avoir bénéficié de la réforme « de l’accès précoce et compassionnel aux médicaments », impulsée par la crise sanitaire.

La crise sanitaire justement : le Docteur César Beltran Garcia a justement relevé que le nombre de patientes a nettement augmenté en raison de la saturation des hôpitaux qui ont dû déprogrammer certaines consultations et opérations. Durant cette période, « le diagnostic a tardé et les formes de cancer sont aujourd’hui plus avancées », précise-t-il.

À noter que les patientes concernées par cette autorisation pour le mois prochain sont celles qui sont confrontées à plusieurs impossibilités thérapeutiques et qui ne peuvent pas participer à un essai clinique. 

La HAS évoque « une nouvelle option de traitement du cancer du sein triple négatif métastatique pour les patientes chez qui 2 lignes de traitement systémiques ou plus (dont au moins une mise en œuvre au stade avancé de la maladie) n’ont pas fonctionné ».

L’agence s’est basée sur une étude de phase III (la plus importante car elle mesure la sécurité et l’efficacité d’un traitement) dans laquelle l’efficacité et la tolérance du Trodelvy et d’une chimiothérapie ont été comparées. 

À l’issue de l’étude, « la médiane de survie sans progression dans la population sans métastases cérébrales observée a été de 5,6 mois dans le groupe comprenant le Trodelvy versus 1,7 mois avec une chimiothérapie ».

Une autorisation de circonstance

L’agence revient sur cette décision d’autoriser plus tôt le Trodelvy : 

« La durée de cette autorisation d’accès précoce devrait permettre de répondre aux besoins de l’ensemble des patientes concernées en attendant l’aboutissement de la procédure d’obtention d’une autorisation de mise sur le marché ». 

Si ce médicament avait bénéficié d’une autorisation de prescription dès 2020, il devait toutefois être destiné à des patientes « présentant un cancer du sein triple négatif métastatique » et qui ont reçu deux autres types de traitement, sans succès.

L’Assurance maladie faisait état de près de 59 000 nouveaux cancers du sein détectés en 2018 et plus de 12 000 décès causés par cette tumeur qui peut facilement se guérir, à condition d’être détectée à un stade précoce grâce des mammographies de dépistage.