Cancer du sein : la grossesse, un moyen de combattre la maladie ?

Chaque année, ce sont près de 60 000 nouveaux cas de cancer du sein qui sont diagnostiqués en France. Faisant l’objet d’un programme national de dépistage, sa mortalité et son incidence sur la santé ont diminué avec le temps. Pour autant, la communauté scientifique ne ménage pas ses efforts et étudie d’autres moyens de la combattre. Et si notre organisme était encore la meilleure arme pour combattre ce cancer ?

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Le lien entre cancer du sein et grossesse avait déjà été établi en 2002 dans le cadre d’une méta-analyse publiée dans la revue de santé spécialisée The Lancet. Il y a 20 ans déjà, les scientifiques en étaient arrivés à la conclusion que les risques de développer un cancer du sein diminueraient de 7 % pour chaque grossesse qui irait à son terme.

Bien plus récemment, une nouvelle étude de l’équipe de chercheurs du Cold Spring Harbor Laboratory (Laurel Hollow, New York, États-Unis), faite sur des souris conclut que le système immunitaire peut se voir être amélioré et mieux armé pour combattre cette maladie

Les scientifiques ont « utilisé le séquençage de l’ARN d’une seule cellule pour établir le profil de la composition des cellules épithéliales et non épithéliales dans le tissu mammaire » de souris portant des petits pour la première fois. 

Et la grossesse semble avoir porté ses fruits puisque les résultats montrent que les cellules mammaires se servent d’autres cellules particulières, les lymphocytes NKT (également appelées « Natural Killer T »). Bien que des cellules NKT soient présentes ailleurs dans l’organisme, ces cellules ont été retrouvées en grande quantité dans la zone mammaire comme l’a confirmé Amritha Varshini Hanasoge Somasundara, l’une des auteures de l’étude.

Par ailleurs, son équipe et elle-même se demandent si les grossesses tardives impliquent la même multiplication de cellules immunitaires. Si ces résultats se confirment il faudra naturellement se pencher la possibilité de se « servir » de la grossesse comme un moyen de prévention du cancer du sein et éviter la perte d’une protéine ayant un rôle très important, CD1d, qui semble diminuer une fois que la femme enceinte a donné naissance à son enfant. Ceci entraîne une oncogenèse mammaire (les oncogènes sont des gènes responsables de la prolifération cellulaire et l’apparition d’un processus de cancérisation).

Les chercheurs également sur la piste du lait maternel pour lutter contre le cancer du sein

Un autre motif d’espoir est apparu récemment : des résultats de travaux qui ont comparé les cellules mammaires, présentes dans les tissus de la même zone, et ceux dans le lait maternel de femmes allaitantes. Il s’avère que celles du lait sont bien vivantes ! Un temps considérées comme inertes, ces cellules sont en réalité actives et peuvent donc faire l’objet de recherches plus poussées, notamment en faveur de la détection d’un développement du cancer du sein.