Démence : un problème loin d’être résolu

Le nombre de patients atteints de démence augmente, alors que les efforts gouvernementaux ne suivent pas. C’est ce qui ressort du dernier Rapport mondial de la situation sur l’action de santé publique contre la démence, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une conclusion alarmante où l’OMS exhorte les pays à renouveler et renforcer leurs politiques pour lutter contre ce problème de santé mondiale.

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La démence, une maladie qui n’épargne personne

Fondé sur des données fournies par 62 pays, l’OMS fait un triste constat : seulement un quart des pays possède une politique ou une stratégie pour apporter un soutien aux malades souffrant de démence, ainsi qu’à leurs proches. Parmi ces nations, la moitié se trouve sur le continent européen. En effet, les politiques de médecine et d’assistance aux personnes atteintes de démence arrivent à terme pour la plupart des pays européens.

Pour l’OMS, il est donc urgent de refondre les plans nationaux dans ces pays. En effet, le nombre de patients touchés par cette maladie est constamment en hausse. Selon ce rapport, la démence touche plus de 55 millions de personnes dont 8,1% de femmes et 5,4% d’hommes âgés de plus de 65 ans. En 2030, ce nombre passerait à 78 millions puis à 139 millions en 2050.

Cette maladie crée un handicap impactant à la fois le patient et les familles. La démence découle de maladies et de traumatismes touchant le cerveau, comme la maladie d’Alzheimer. De ce fait, cette insanité bouleverse la région de la mémoire ainsi que d’autres fonctions cognitives. La majorité des malades peuvent difficilement réaliser des tâches quotidiennes.

Malgré les soins apportés par le système hospitalier, les proches sont un soutien précieux dans l’accompagnement des malades. Dans les pays à revenu élevé, les soins prodigués par l’action sociale représentent environ plus d’un tiers des coûts globaux liés à cette maladie, alors que plus de la moitié des soins proviennent des proches.

La nécessité de venir en aide aux familles

Ces derniers, que l’on nomme aidants, sont encore plus nécessaires dans les nations à revenu faible ou intermédiaire. Les soins dispensés par les proches et les familles s’élèvent à hauteur de 65%. Les hôpitaux sont moins équipés pour prendre davantage en charge les malades. En 2019, les aidants passaient en moyenne 5 heures par jour à venir en aide à leur proche atteint de démence.

Pour l’OMS, ce sont en particulier ces pays qu’il faut soutenir afin de déployer des aides financières, sociales et psychologiques. Parmi les 75% des pays de la planète déclarant investir dans une véritable politique d’assistance aux aidants, la majorité sont des pays à revenu élevé.

C’est dans ce sens que l’OMS a annoncé l’élaboration d’un « schéma directeur pour la recherche sur la démence, un mécanisme de coordination mondiale qui structurera les travaux de recherche et encouragera de nouvelles initiatives » comme l’explique Tarun Dua, médecin et cheffe de l’Unité de la santé du Cerveau de l’OMS.

De son côté, la France vient de faire savoir qu’elle souhaitait l’embauche de 350 000 personnes pour l’aide aux personnes âgées dépendantes d’ici 2025. En France, ce sont plus d’1 200 000 malades qui sont atteints de démence, selon Santé Publique France.