Crise cardiaque : un risque accru dans les zones les plus bruyantes

La crise cardiaque est un phénomène dont les causes peuvent être multiples. Parmi elles figure le bruit qui, s’il est trop important et fréquent, peut avoir des conséquences délétères sur la santé de ceux qui le subissent.

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Un taux de crise cardiaque qui explose dans les zones de pollution sonore

C’est une étude récemment présentée dans le cadre de la 71e session scientifique annuelle de l’American College of Cardiology (association basée à Washington, D.C, aux États-Unis) qui a corroboré cette thèse. Pour prouver que le bruit est directement corrélé à des risques accrus de crise cardiaque (également appelée infarctus du myocarde), les chercheurs de l’université américaine Rutgers Robert Wood Johnson Medical School (New Jersey) ont constitué plusieurs groupes de participants.

Certains d’entre étaient exposés à un niveau de bruit dépassant les 65 décibels, issus d’appareils aériens ou encore de véhicules terrestres durant la journée. D’autres ont été, à l’inverse, exposés à un niveau de bruit de moins de 50 décibels et à un environnement plus propice à l’apaisement. 

Le résultat fut sans surprise, ou presque. Si 5 % des hospitalisations pour crise cardiaque ont été imputables à un fort niveau de bruit, l’étude fait également état d’un taux de crise cardiaque 72 % plus élevé dans les lieux très exposés aux bruits de différents transports. En effet, les chercheurs ont rapporté 3 336 crises cardiaques survenues dans les zones bruyantes contre « à peine » 1 938 là où le bruit se fait moins entendre. Il était donc hautement probable de conclure que l’exposition à de forts bruits est directement liée à une crise cardiaque sur 20 dans cet État du New Jersey qui recense 16 000 hospitalisations pour crise cardiaque chaque année.

Savoir reconnaître un bruit dangereux

Si le terme de « pollution » fait généralement référence aux particules fines émises par divers types de véhicules, il désigne également ce qui est en lien avec l’audition, pouvant être altérée par des bruits parasites. Le bruit peut sans conteste être considéré comme une pollution sonore, avertit le professeur de médecine et auteur principal de l’étude, Abel E. Moreyra. 

Mais alors, quels bruits peuvent être considérés comme dangereux pour la santé ?

Sont considérés comme « très calmes », les bruits : 

  • De chuchotement à voix basse (20 dB) ;
  • D’un studio d’enregistrement qui, bien isolé, sont vite étouffés (10 dB).

Les bruits que l’on qualifie d’ « acceptables » ou « supportables » sont ceux d’un ou une :

  • Légère brise (30 dB) ;
  • Lave-vaisselle ou un lave-linge (45 dB) ;
  • Restaurant calme ou d’une fenêtre sur rue (entre 50 et 60 dB).

On considère comme nuisances sonores « fatigantes » et « dangereuses » les bruits des éléments suivants :

  • Aspirateur (70 dB) ; 
  • Avertisseurs sonores (voitures, moto, autobus…) ;
  • Avion en train de décoller (120 dB) ;
  • Arme à feu (130 dB) ;
  • Explosions de pétards (140 dB).