Ces médicaments hors de prix

La santé n’a pas de prix mais a un coût : c’est l’adage de circonstance, depuis l’arrivée sur le marché français du médicament de Sovaldi®, pilule miracle contre l’hépatite C mais dont le prix pourrait provoquer un infarctus à la Sécu. Ce très coûteux petit nouveau a rouvert le débat sur la fixation des prix des médicaments et le monopole des laboratoires pharmaceutiques sur certaines molécules.

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LeLynx.fr, comparateur de complémentaires santé, vous offre un petit tour d’horizon des médicaments qui coûtent la peau de l’Assurance maladie.

Médicaments contre l’hépatite C, cancer, maladies orphelines : quand efficace rime avec exorbitant

Parmi les médicaments les plus chers en France, on trouve de nombreux traitements contre des maladies orphelines. Champion toutes catégories, Remodulin® traite l’hypertension artérielle pulmonaire (maladie qui touche environ 160 personnes par an en France) pour la modique somme de… 15 807,45 € l’unité. À 125 000 € le traitement à l’année, on pourrait penser que Remodulin®, tout comme son petit camarade Ilaris® (11 945,98 € TTC en pharmacie) traitant le syndrome de Muckle-Wells, sont les bêtes noires de la Sécu. Et pourtant non, la parcimonie avec laquelle sont prescrits ces médicaments, de par la rareté des maladies qu’ils traitent, laisse de marbre l’Assurance maladie.

Le coût de Sovaldi® est autrement plus inquiétant qu’il concerne une population bien plus large : on estime à environ 200 000 le nombre de personnes atteintes de l’hépatite C aujourd’hui en France. Or cet antiviral élaboré par une start-up aux Etats-Unis puis racheté par Gilead, grand laboratoire pharmaceutique américain, permettait de guérir près de 90 % des patients. Miracle, mais à quel prix ! En France, où la molécule vient de faire son apparition sur le marché, le coût a été négocié par le comité économique des produits de santé (CEPS) à 13 667 € HT par boîte de 28 comprimés, soit le tarif le plus bas d’Europe. Il n’empêche, sachant que la durée du traitement peut aller de 12 à 24 semaines, il faudra investir entre 41 000 et 82 000 € par patient. Même si seuls sont concernés les malades les plus sévèrement atteints, l’Assurance maladie a du souci à se faire et les premiers à en pâtir seront les patients eux-mêmes.

Autres dérives de prix : les anticancéreux les plus récents qui justifient des coûts unitaires pouvant aller jusqu’à 10 000 € la dose par l’innovation dont ils font preuve.

La licence d’office : une solution prévue par la loi mais peu privilégiée par le gouvernement

Comment éviter une restriction des traitements les plus coûteux pour la Sécu à certains patients, restrictions qui conduiraient inévitablement à des discriminations ? Le code de la propriété intellectuelle détient la solution : dans son article L613-16, il prévoit en effet la possibilité de soumettre un médicament breveté au régime de la licence d’office « si l’intérêt de la santé publique l’exige et à défaut d’accord amiable avec le titulaire du brevet », notamment lorsque le prix d’un médicament est « anormalement élevé ».

La licence d’office permet alors de produire un médicament générique à un coût nettement plus raisonnable. Les accords de l’Organisation mondiale du commerce prévoient eux aussi le recours à la licence obligatoire qui autorise « un tiers à fabriquer le produit breveté ou à utiliser le procédé breveté sans le consentement du titulaire du brevet ». Malheureusement, le ministère de la Santé semble peu enclin à user de l’un ou l’autre de ces procédés pour casser le monopole des laboratoires, concernant Sovaldi® et consorts. Peur de déclarer la guerre à l’industrie pharmaceutique ?

 

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