Les différents troubles de la vue

Les différents troubles de la vue

Myope, astigmate, hypermétrope ou presbyte: bienvenue au club des amétropes. Si le terme d’amétropie sonne comme une inquiétante pathologie, il s’agit pourtant d’une simple imperfection de l’œil altérant la vision. En effet, l’œil est un appareil complexe dont la moindre dysmétrie peut engendrer un trouble de la réfraction, c’est-à-dire de l’orientation des rayons lumineux, ce qui se traduit par une vision trouble ou déformée. C’est alors que lunettes et lentilles de correction interviennent, pour combler les imperfections de l’œil. Mieux vaut alors avoir une bonne mutuelle…

Votre comparateur de complémentaires santé LeLynx.fr s’est penché pour vous sur les différentes amétropies ou troubles de la vue qui nous font pousser les portes des opticiens.

Les composants de l’œil sont comparables à ceux d’un appareil photo

Passionnés de photographie, la vision n’a alors aucun secret pour vous. Car il s’agit quasiment du même principe, l’œil étant un appareil photo organique. Ainsi, on y trouve des composants similaires :

  • l’iris forme un trou noir, la pupille, dont le diamètre varie en fonction de la quantité de lumière disponible, comme le diaphragme de l’appareil photo: moins l’environnement est lumineux, plus la pupille se dilate ;
  • la cornée et le cristallin sont deux lentilles qui font converger les rayons lumineux, à l’instar de l’objectif de l’appareil photo: cornée et cristallin permettent de faire la «mise au point» (on parle d’accommodation pour l’œil) ;
  • la rétine est la zone sensible qui reçoit l’image, telle la pellicule photo.

Les yeux souffrant d’une ou plusieurs amétropies sont donc comme des appareils photo défaillants: ils fournissent des images de mauvaise qualité et nécessitent une correction pour obtenir une image nette.

La myopie : définition et correction

La myopie concernerait 29 % de la population en France, pour le plus grand bonheur des opticiens… Quoi que de plus en plus de myopes décident de se faire opérer pour une correction définitive. Comment se développe la myopie, quels signes doivent alerter les parents et comment la corriger ?

Les yeux des myopes sont trop longs ou trop puissants

Un œil allongé engendre une myopie dite « axile », tandis qu’un cristallin bombé entraîne, lui, une myopie « d’indice », moins fréquente que la première. L’une comme l’autre de ces dysmétries sont à l’origine d’une vision de loin altérée. En effet, le point de convergence des rayons lumineux, au lieu de se situer sur la rétine, atterrit légèrement avant et l’image qui se forme est donc floue. De près en revanche, les myopes voient correctement. Lorsque la myopie est très forte, l’œil est particulièrement déformé et le risque de décollement de rétine est plus élevé, c’est pourquoi il est important d’être régulièrement suivi par un ophtalmologue. La myopie peut également n’être que transitoire, durant une grossesse, ou en cas de diabète, par exemple.

La myopie serait liée à une prédisposition génétique, ainsi que des facteurs environnementaux : le défaut de dopamine, neurotransmetteur produit par les yeux lorsqu’ils sont exposés à la lumière naturelle, serait notamment une explication possible de la myopie. Attention à l’abus de télévision et jeux vidéos donc !

Ce trouble de la vue peut se dépister très tôt chez l’enfant, certains signes étant assez symptomatiques : plissement des yeux, rapprochement excessif de la feuille pour dessiner, d’un livre, de la télévision, etc. Au moindre doute, il faut consulter un ophtalmologue, car plus elle est prise en charge tôt, meilleur est le suivi de la myopie.

Comment corriger la myopie ?

Il faut avant tout consulter un ophtalmologue, ce qui peut se faire directement, sans passer par son médecin traitant. Après examen, ce médecin spécialisé peut délivrer une ordonnance pour l’achat de lunettes ou de lentilles de contact, souples ou rigides. L’ordonnance est valable trois ans pour les plus de 16 ans. La correction de la myopie est exprimée par un chiffre négatif et les verres ou lentilles doivent être divergents. A noter que l’utilisation de lentilles ne dispense pas de posséder une paire de lunettes, les conducteurs ayant par ailleurs l’obligation de conserver leurs lunettes à porter de main dans leur véhicule.

Solution plus radicale, la chirurgie réfractive permet de corriger définitivement l’œil myope. Le chirurgien dispose de plusieurs options selon la forme et le degré de la myopie, notamment le laser excimer. Le principal frein à la chirurgie est son coût élevé et son absence de remboursement par l’Assurance maladie et les mutuelles.

 L’hypermétropie : trouble de la vision de près

Amétropie moins courante que la myopie, l’hypermétropie toucherait tout de même 9 % des Français, tous âges confondus. Ce trouble de la réfraction provoque une fatigue visuelle qui peut provoquer de douloureux maux de tête ou à long terme des troubles optiques plus grave, c’est pourquoi il est primordial de diagnostiquer l’hypermétropie pour la corriger.

L’œil hypermétrope est plus court que la moyenne

C’est le phénomène inverse de la myopie : le point de convergence des rayons lumineux atterrit non plus avant mais après la rétine, formant une image floue en vision de près, tandis que la vision de loin reste intacte. Ce défaut visuel est la plupart du temps dû à un œil trop court (hypermétropie axiale) ou, plus rarement, un œil trop peu puissant (hypermétropie de puissance).

Le trouble de réfraction propre à l’hypermétropie peut s’auto-corriger par un effort d’accommodation (c’est-à-dire de « mise au point ») permanent en vision de près. Ce travail de l’œil engendre une fatigue qui peut se manifester par des maux de tête, voire un strabisme chez l’enfant. Afin de limiter au plus vite les dommages collatéraux, il est important de consulter un ophtalmologue au moindre signe de trouble de la vue.

Comment corriger l’hypermétropie ?

La correction de l’hypermétropie permet généralement de mettre un terme à la fatigue visuelle et aux mots de tête qui peuvent être associés. L’ophtalmo peut être consulté directement, sans passer par son médecin traitant. Après examen, ce médecin spécialisé peut délivrer une ordonnance pour l’achat de lunettes ou de lentilles de contact, souples ou rigides. L’ordonnance est valable trois ans pour les plus de 16 ans. La correction de l’hypermétropie est exprimée par un chiffre positif et les verres ou lentilles doivent être convergents. A noter que l’utilisation de lentilles ne dispense pas de posséder une paire de lunettes, les conducteurs ayant par ailleurs l’obligation de conserver leurs lunettes à porter de main dans leur véhicule.

La chirurgie réfractive, notamment au laser excimer, permet de corriger définitivement l’œil hypermétrope. Le chirurgien dispose de plusieurs options selon la forme et le degré du défaut visuel. Le principal frein à la chirurgie est son coût élevé et son absence de remboursement par l’Assurance maladie et les mutuelles.

 L’astigmatisme : définition et correction

Sur les 15 % de Français astigmates, la plupart souffrent d’une amétropie associée et sont également myopes ou hypermétropes. L’astigmatisme est un trouble fréquent et peut être léger mais parfois assez handicapant lorsqu’il déforme les images. Il est aujourd’hui simple à corriger, encore faut-il le diagnostiquer !

L’astigmatisme déforme la vision de près comme de loin

Chez les personnes astigmates, la cornée est malformée : au lieu d’être sphérique, elle est torique, c’est-à-dire en forme de ballon de rugby. Il s’agit alors d’un astigmatisme cornéen. Parfois c’est le cristallin qui est torique, on parle alors d’astigmatisme interne. Si les deux éléments sont malformés, l’astigmatisme est total. Or la cornée et le cristallin forment à eux deux un système similaire à l’objectif d’un appareil photo : de leur forme torique résulte une « mise au point » rendue difficile voire impossible par la formation de non plus un mais deux points de convergence des rayons lumineux, en avant et en arrière de la rétine. Au final, l’image formée est étalée et d’aspect flou ou déformé, de près comme de loin.

Lorsqu’il est léger, l’astigmatisme peut passer inaperçu. Néanmoins, certains signes peuvent alerter : plissement des yeux, maux de tête, vision floue, difficultés à différencier certaines lettres de l’alphabet… Généralement présent dès la naissance, l’astigmatisme n’évolue pas ou très peu au cours de la vie.

Comment corriger l’astigmatisme ?

L’ophtalmologue, qui peut être consulté directement sans passer par son médecin traitant, détermine le degré d’astigmatisme ainsi que son axe (la forme torique ou « ballon de rugby » possède en effet un axe de symétrie). Sur l’ordonnance, valable durant trois ans pour les plus de 16 ans, la correction de chaque œil est indiquée par deux chiffres :

  • la valeur de l’astigmatisme, précédée du signe plus ou moins, entre parenthèses ;
  • l’axe de l’astigmatisme, juste après la parenthèse, exprimé en degrés.

Qu’il soit associé ou non à une autre amétropie, l’astigmatisme peut être corrigé par le port de lunettes de vue ou de lentilles de contact, de formes toriques. Il est également envisageable d’avoir recours à la chirurgie, notamment laser, sauf si l’astigmatisme est causé par un kératocône, maladie dégénérative de l’œil. En cas de chirurgie, il est possible de corriger en même temps l’astigmatisme et la myopie ou l’hypermétropie associée. Le principal frein à l’intervention est son coût élevé et son absence de remboursement par l’Assurance maladie et les mutuelles.

Focus sur la presbytie

Apparaissant autour de 45 ans, la presbytie est une évolution naturelle des yeux qui n’épargne quasiment personne. Une correction dès les premiers signes permet de minimiser la fatigue oculaire, c’est pourquoi devenir presbyte n’est pas à prendre à la légère.

La presbytie est due à une perte d’élasticité des muscles du cristallin

L’œil est équipé d’un système d’accommodation, permettant de faire la « mise au point » lors de la vision, tel l’autofocus d’un appareil photo. Ce système est composé de fibres élastiques, les muscles ciliaires et les zonules de Zinn, qui se contractent respectivement pour la vision de près et de loin. Leur action modifie la forme du cristallin qui constitue l’ « objectif » de l’œil. L’âge avançant, les fibres perdent en élasticité et le système d’accommodation de l’œil devient défaillant : c’est la presbytie. Les images deviennent alors de moins en moins nettes et une correction devient peu à peu indispensable.

La presbytie se manifeste notamment par des difficultés lors de la lecture, d’autant plus lorsque les caractères sont petits. Les presbytes ressentent le besoin d’éloigner le texte ou de modifier l’éclairage de la pièce pour pouvoir le lire correctement. Ce trouble visuel évolue plus ou moins lentement jusqu’à la soixantaine, puis se stabilise. Certaines maladies peuvent accélérer l’apparition de la presbytie, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires. A l’inverse, la myopie a tendance à atténuer les troubles de la vision de près engendrés par la presbytie, du moins les premières années. Au royaume des presbytes, les myopes sont rois !

Comment corriger la presbytie ?

Plusieurs types de lunettes peuvent convenir aux presbytes :

  • les verres simple foyer fonctionnent comme des loupes, ils ne corrigent que la vision de près et se présentent généralement sur des montures « demi-lunes » ;
  • les verres double ou triple foyers permettent une vision de proximité, ils permettent de lire tout en distinguant nettement l’entourage ;
  • les verres progressifs sont les plus performants mais aussi les plus onéreux, ils permettent de voir de près, à mi-distance, comme de loin sans avoir à changer de lunettes.

Il est également possible d’opter pour des lentilles de contact basées sur les mêmes principes de correction.

Enfin, la pose d’implants multifocaux ou la chirurgie au laser sont envisageables dans certains cas. Ces interventions permettent de corriger définitivement la presbytie mais sont très coûteuses et non remboursées par l’Assurance maladie et les mutuelles santé.

Syndicat National des Ophtalmologistes de France, Bour C, Corre C. L’ophtalmologie et la filière visuelle en France. Paris: SNOF- 2006.

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