Mutuelle : peut-on digitaliser le tiers payant à 100% ?

Si la dématérialisation du tiers payant continue de progresser année après année, certaines mutuelles santé veulent néanmoins conserver le format papier. Voici pourquoi la carte pourrait encore exister quelques temps.

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La grande majorité des complémentaires santé propose déjà une version numérisée des cartes de tiers payant, pour accélérer le processus de remboursement. Les pouvoirs publics les y ont d’ailleurs fortement incité. Pourtant, certaines d’entre elles conservent la possibilité de présenter une carte de tiers payant en papier, en raison des déserts numériques et des habitudes des clients.

C’est le pari du « tiers payant mixte » que l’on peut notamment observer chez La Mutuelle générale, ou encore chez un néo-assureur comme Kovers. « La carte ne devrait pas devenir obsolète, analyse Véronique Lacam-Denoël, interrogée par L’Argus de l’assurance. Elle a plusieurs usages. Son envoi sert à des opérations commerciales, elle valorise aussi l’image de l’assureur. Et c’est une image tangible du contrat d’assurance. »

Le tiers payant, c’est le portable

La carte dématérialisée, quant à elle, prend de nombreuses formes : elle peut consister en une image de la carte papier mais en format PDF, un QR Code ou encore des données en clair sur un format mobile. D’autres mutuelles font le choix de l’application mobile, qui indique en temps réel les droits des assurés. April, enfin, a proposé à ses clients de ranger leur carte dématérialisée dans le wallet, ce portefeuille électronique où l’assureur peut mettre à jour les informations facilement.

Mais la digitalisation complète de la carte de tiers payant parait extrêmement complexe. Il faudrait par exemple que la connexion internet de l’assuré sur mobile fonctionne même dans les centres médicaux, les pharmacies, les hôpitaux… Pourtant, un élément pourra faire avancer la dématérialisation : la future appli pour la Carte Vitale, envisagée en 2022. Une version digitale de la Sécurité sociale pourrait en effet inciter les mutuelles à faire de même.