Mutuelle santé : vers une modification des rôles de la Sécu et des complémentaires ?

Comprendre l’articulation entre les mutuelles santé et l’Assurance maladie est souvent un véritable casse-tête pour les assurés. À l’heure où l’on évoque de plus en plus une redistribution de leurs rôles respectifs, le Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) publie un rapport sur le sujet.

Rapport Mutuelle santé Sécurité sociale

Le débat de la Grande Sécu fait rage. Ce scénario, qui renforcerait le rôle de la Sécurité sociale au détriment de celui des complémentaires santé, attire les foudres des assureurs et des organismes mutualistes. Et le rapport rendu public vendredi dernier par le HCAAM remue un peu plus le couteau dans la plaie.

Fruit de plusieurs années de discussions, de travaux et d’échanges entre les différents acteurs concernés, ce dossier de 138 pages dresse un état des lieux de la couverture des risques santé et prévoyance en France.

Restructuration du système de protection sociale français 

Au cœur du rapport, on trouve 4 différents scénarios qui restructurent notre système de protection sociale. Le scénario numéro 3 reprend la proposition d’une « Grande Sécu », qui renforcerait le rôle de l’Assurance maladie au détriment de celui des complémentaires et des assureurs santé.

Ces recommandations de restructuration se basent — entre autres — sur des comparaisons effectuées entre notre système de santé et ceux de nos voisins :

Par rapport aux pays occidentaux comparables, l’articulation entre Sécurité sociale et organismes d’assurance maladie complémentaire se singularise en France par le fait que les deux remboursent en très large part les mêmes soins et que le complément apporté par l’assurance complémentaire est considéré comme indispensable à l’accessibilité financière de ces soins.

Les experts de la protection sociale française estiment que notre organisation actuelle favorise certes un faible reste à charge (c’est-à-dire ce qu’il vous reste à payer après remboursement) pour les assurés dotés d’une complémentaire santé. En revanche, les personnes sans mutuelle (4 % de la population) paient cher leur absence de protection sociale complémentaire.

Notons que ce rapport contient bien d’autres arguments en faveur d’une restructuration, ainsi que des propositions de développement de la couverture prévoyance. Le document et ses annexes sont disponibles en lecture libre sur le site du HCAAM.