Complémentaire santé : le gouvernement demande une modération des tarifs en 2022

Alors que les complémentaires santé affichent de mauvais chiffres pour le premier trimestre 2021, avec une perte estimée à 900 millions d’euros, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé appelle les mutuelles santé à limiter l’augmentation de leurs tarifs pour 2022.

Reste à charge mutuelle

Dans un courrier daté du 13 octobre dernier, le ministre Olivier Véran ainsi que le ministre délégué chargé des Comptes publics, Olivier Dussopt, ont fait part de leur inquiétude face aux déclarations des organismes de complémentaires de l’Assurance maladie (OCAM) indiquant une « inflation naturelle » des tarifs.

Pour les deux ministres, « une hausse des tarifs des complémentaires santé ne serait en effet pas justifiée et ne pourrait pas être comprise ». Dans cette lettre, ils rappellent également que « le solde d’économies engrangées en 2020 par les complémentaires santé est supérieur à 500 millions d’euros, en sus de la contribution de 1,5 milliard » d’euros.

Pour rappel, avec les économies générées durant l’épidémie, une contribution exceptionnelle de 1,5 milliard d’euros des organismes complémentaires avait été mise en place. Payable en deux fois, cette contribution était accompagnée d’une clause de revoyure. Celle-ci imposait aux complémentaires santé de ne pas répercuter cette contribution sur les primes de santé des assurés en 2021.

Or, pour le ministère de la Santé, les organismes n’ont pas tenu leur engagement. Ainsi, les deux ministres demandent aux complémentaires « qu’elles restituent ces économies à leurs adhérents par une stabilisation des tarifs en 2022 par rapport à 2021 ».

Une demande qui « ne tient pas compte de la réalité des faits »

Certes, les mutuelles ont vu leurs dépenses largement diminuées en 2020. Pour Eric Chenut, président de la Mutualité française, la requête des deux ministres ne semble pas prendre en compte les réalités économiques auxquelles font face les complémentaires santé

Mais cette année, le retour des Français dans les cabinets médicaux et la mise en place du reste à charge zéro pour les prothèses auditives et dentaires ainsi que les lunettes ont engendré de grandes dépenses pour les organismes.

« Pour 2021, nous notons un report de soins extrêmement important, de plus de 340 millions d’euros, et un impact de 140 millions d’euros de la réforme 100% santé » explique Eric Chenut. En tout, c’est une « sur-dépense » de 280 millions d’euros qui pèse sur les mutuelles.