Santé des étudiants : les différentes enquêtes sont-elles sérieuses ?

Vous le savez, chaque année, rentrée universitaire oblige, les mutuelles étudiantes nous gratifient d’une étude sur la santé des étudiants. En général, les résultats de ces études sont négatifs, donnant à voir des étudiants français en mauvaise santé et ils le deviennent de plus en plus, semble-t-il, à mesure que ces enquêtes sont reprises dans la presse.

Or, relève l’association de consommateurs UFC Que Choisir, même lorsqu’elles présentent des résultats positifs, 93 % des sondés se déclaraient en bonne santé dans l’enquête 2007 du réseau emeVia, 92 % avaient bon appétit et 82 % disaient bien ou très bien dormir, lesdites enquêtes étouffent ces «bons résultats» et les relèguent au second plan.

Santé étudiante: des études trafiquées?

Quiconque tenterait d’analyser en détails les résultats d’une enquête sur la santé étudiante pourrait assez rapidement s’imaginer, il est vrai, que les étudiants en France sont des usagers de drogue dépressifs et complètement stressés.

Ce que soulève ici l’association de consommateurs est justement le détournement de l’information, et notamment de l’information positive visant à démontrer que les étudiants estiment qu’ils sont globalement en bonne santé, en vue d’une focalisation sur d’autres aspects, essentiellement négatifs qui ne traduisent pourtant pas une tendance générale étant entendu qu’ils émanent d’un petit nombre d’étudiants.

Parmi ces aspects négatifs, on trouve évidemment:

  • La consommation de cannabis: UFC Que Choisir nous indique à ce propos que «selon le baromètre Santé des étudiants 2011, un sondé sur trois en a déjà fumé. Sauf que, selon un chiffre peu mis en valeur par le même baromètre, les fumeurs réguliers sont moins de 3 %»;
  • Le renoncement aux soins pour problèmes d’argent qui est une réalité incontestable, mais qui dans les enquêtes semble écarté de toute réalité. Ainsi, «15 % des étudiants auraient déjà renoncé à se soigner pour des raisons financières. Sauf que 12 % seulement se disent « régulièrement » à court d’argent. Une majorité écrasante n’a que rarement, voire jamais (50 % !) de fins de mois difficiles

Enfin, l’association donne le coup de grâce en s’interrogeant sur la véracité même des résultats fournis. En effet, UFC nous dit qu’entre «2005 et 2009, les enquêtes d’emeVia, basées sur l’envoi par courrier de 50 000 à 60 000 questionnaires à des étudiants sélectionnés au hasard, auraient suscité 24 % à 30 % de réponses. Les professionnels des sondages interrogés sont formels : sachant qu’il n’y a même pas un porte-clés à gagner en répondant et qu’il faut plus d’une demi-heure pour remplir le questionnaire, ces chiffres sont aberrants. 3 % serait plus vraisemblable.»

Source: UFC Que Choisir

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