Accessoires santé connectés : le big brother de l’assurance ?

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Les objets connectés sont devenus une aubaine pour les mutuelles santé, qui profitent de l’essor de la santé connectée pour surveiller l’hygiène de vie de leurs assurés et proposer des offres adaptées à chacun. De telles pratiques n’ouvrent-elles pas la porte à une assurance à la carte ouverte à la discrimination ?

Les assurances santé n’ont pas mis longtemps à profiter de la possibilité de surveiller en direct les pas effectués, les calories brûlées, les pulsations et autres fonctions vitales de leurs clients. La santé connectée semble devenu le moyen idéal de définir une couverture santé sur mesure, que ce soit pour l’assureur ou l’assuré. Certaines compagnies d’assurance françaises ont déjà établi des partenariats avec des fabricants à l’occasion d’offre promotionnelles.

C’est le cas d’Audiens et du constructeur de montres et bracelets intelligents Garmin, qui ont proposés une offre destinée aux TPE à l’occasion de la généralisation de la complémentaire santé. L’assureur Axa avait réalisé en 2014 une offre de produits Withings pour la souscription à sa complémentaire santé.

Des promotions principalement commerciales, qui encouragent à la souscription sans impact sur le contrat mutuelle proposé. Avec l’appli santé Betterise, Harmonie mutuelle propose un service de prévention personnalisé. Une offre gratuite qui pose les fondations d’une passerelle entre offre d’assurance et données personnelles.

La qualité d’hygiène de vie détermine la prime

Montre connectée

Les acteurs français du secteur de l’assurance sont cependant bien plus prudents que leurs voisins. Ainsi, l’assureur américain John Hancock propose depuis avril 2015 son offre « Vitality », qui est étroitement liée à l’obtention d’un bracelet connecté FitBit. Grâce à cette technologie embarquée, l’assureur peut ainsi surveiller l’hygiène de vie de ses clients, offrant des réductions pouvant aller jusqu’à 15%.

Bonne nouvelle pour les assurés ? Pas nécessairement. La mutuelle suisse CSS Assurance contrôle également les données personnelles de ses clients, mais a décidé de majorer les primes d’assurance santé de ceux dont l’hygiène de vie ne serait pas assez bonne. Les offres de ces 2 assureurs ont beau être présentées différemment, elles fonctionnent sur un même principe discriminant.

Un risque de discrimination

Si les mutuelles françaises n’ont pas encore sauté le pas d’une offre « tout connecté », il sera bientôt nécessaire qu’elles se positionnent sur l’utilisation des objets connectés dans la complémentaire santé de leurs clients. En effet, la discrimination en matière d’assurance est un problème majeur qui émergera inévitablement avec l’avènement de telles offres qui poussent le profilage des assurés aux extrêmes. Ceux qui refuseront de divulguer leurs données d’activité physique risquent également d’être considérés comme coûteux pour les assurances.

Au-delà des questions relatives au respect de la vie privée et de la protection des données, la fiabilité des objets connectés pour la collection de données de santé est régulièrement contestée. Une étude canadienne menée par le Journal of Medical Internet Research en 2013 mettait en avant le manque d’informations fiables et l’efficacité des appli santé.
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