Baromètre 2016 de l’assurance santé : les Français sont-ils sous-assurés ?

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Les Français sont-ils égaux face à l’assurance santé ? Pas si sûr… le baromètre 2016 des primes d’assurance santé révélé par LeLynx.fr – leader des comparateurs d’assurance en France – met en lumière de fortes disparités en fonction des régions, mais aussi des profils d’assurés.

Autre constat inquiétant : quels que soient les postes de soin, les Français choisissent majoritairement les niveaux de remboursement les plus bas, donc les moins couvrants. Elena Betés, Directrice Générale de LeLynx.fr, apporte un éclairage sur ce risque de « sous-assurance » qui touche toutes les classes de la population.

« Il n’est pas toujours évident pour un particulier de décrypter sa prime d’assurance santé, explique Elena Betés, de nombreux critères entrent logiquement en jeu, comme l’âge, le sexe, la situation familiale ou l’état de santé ; mais certains critères, comme le lieu de résidence, peuvent paraître plus surprenants. Ils sont en réalité le reflet de disparités géographiques réelles, comme les tarifs des professionnels de santé qui varient fortement d’une région à l’autre, par exemple. »

L’Île-de-France en tête du classement avec une prime moyenne de 1036€/an

Avec une prime annuelle d’assurance santé à quatre chiffres, l’Île-de-France s’illustre à nouveau par la différence de tarifs qu’elle affiche face à l’ensemble du territoire (voir le baromètre des primes d’assurance habitation 2016). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette envolée des prix :

  • Le surcoût des dépenses de santé en Île-de-France par rapport à la province a été estimé à 6,5% en 2015 (bien que l’écart soit quasiment nul sur les médicaments, il atteint 12,2% sur les services, et principalement les honoraires de médecins[1]).
  • Un niveau de pollution supérieur à la moyenne nationale (Pantin (93) est la ville de France la plus polluée avec 22 microgrammes de particules fines par m3, quand Paris est polluée à hauteur de 18 microgrammes par m3, selon l’OMS), ce qui engendre davantage de maladies respiratoires.
  • Une concentration importante d’habitants au m2, qui favorise la propagation des maladies.
  • Un accès facilité à différents spécialistes de soins, plus nombreux en Île-de-France qu’ailleurs sur le territoire.

Le régime local d’Alsace-Moselle fait chuter la prime du Grand-Est

Les tarifs particulièrement bas du Grand-Est s’expliquent, quant à eux, par le régime local obligatoire d’Alsace-Moselle. Cette exception à l’échelle du pays (vestige de la réglementation Impériale germanique de 1911) permet aux affiliés de payer des cotisations de santé moins chères qu’ailleurs. Les taux de remboursement des actes et soins médicaux pris en charge par l’Assurance maladie y sont également plus importants : 90% pour les consultations chez le médecin, 90% pour l’optique et 100% pour les frais d’hospitalisation (contre respectivement 70%, 60% et 80% dans le reste de la France)[2].

Des niveaux de couverture santé minimum privilégiés partout en France

A l’échelle du territoire, les moyennes de primes d’assurance santé apparaissent relativement peu élevées. Une des raisons principales : les Français choisissent très majoritairement les niveaux de couverture les plus bas. « Il est parfaitement légitime de vouloir faire des économies sur son budget santé, analyse Elena Betés, mais attention à bien cerner ses besoins réels ! L’idée n’est pas de couper des postes de soin essentiels, mais d’optimiser sa palette de remboursement en fonction de son profil. »

Les Français sont ainsi 43% à choisir le niveau de prise en charge minimum, tous postes de santé confondus. A titre de comparaison, seuls 21% choisissent le niveau le plus couvrant, et donc le plus coûteux, mais qui offre une protection maximale.

Exemples de remboursement :

 Postes de soin :Niv. 1Niv. 2Niv. 3Niv. 4
Soins médicaux (ex : consultation d’un spécialiste)22€33,5€45€+ de 45€
Hospitalisation (ex : appendicectomie)177€309€442€+ de 442€
Optique (ex : lunettes pour un adulte)50€150€250€+ de 250€
Dentaire (ex : couronnes et implants dentaires)208€415€623€+ de 623€

« 50€ remboursés sur une paire de lunettes correctrices ou encore 208€ sur la pose d’une couronne dentaire, c’est clairement insuffisant… alerte Elena Betés. Chez LeLynx.fr, nous conseillons aux assurés de prendre le temps d’analyser leur profil de santé afin de déterminer quelles sont leurs priorités réelles. »

4 postes de santé principaux qui déterminent la prime

Soins médicaux, hospitalisation, optique et dentaire sont les 4 principaux postes de santé que les Français peuvent moduler dans leur contrat d’assurance. Si tous les profils ne sont pas concernés par chaque poste, la tendance à choisir le taux de couverture le plus bas est encore plus flagrante à ce niveau de détail.

Les régions du Nord-Ouest sont les moins bien couvertes

Si les primes moyennes des régions du Nord-Ouest de la France sont si faibles, c’est que la Bretagne, la Normandie et les Pays-de-la-Loire privilégient davantage les faibles niveaux de prise en charge.

  • 57% des Bretons se contentent du minimum pour le remboursement des soins médicaux ;
  • 54% des Normands et des Ligériens font le même choix pour le remboursement des frais d’hospitalisation.

Quelques pistes pour expliquer ces disparités : la consommation des soins de ville et des soins hospitaliers est inférieure à la moyenne nationale dans ces régions. Les dépassements d’honoraires y sont également parmi les plus faibles de France[3].

« Le profil des assurés est évidemment au cœur de la tarification de l’assurance santé, explique Elena Betés. Un contrat avec un ayant droit adulte, par exemple, coûte en moyenne 44€ de plus par personne chaque année. Au-delà des différences évidentes d’usage qui peuvent exister entre un étudiant et un retraité, force est de constater que tous les profils ont tendance à minimiser leurs besoins réels de santé. »

  • Les étudiants (465€/an)

Bien qu’ils bénéficient de tarifs avantageux, les étudiants font très largement le choix du minimum pour leur assurance santé. Ils sont ainsi 70% à délaisser la prise en charge des frais d’hospitalisation, qui concerne cependant toutes les tranches d’âge. En 2014, parmi les étudiants déclarant ne pas avoir de complémentaire santé, 32% mettaient en cause des prix trop importants et 27% déclaraient ne pas en avoir besoin[4].

  • Les actifs du régime général (932€/an)

Les actifs du régime général sont un peu plus soucieux de leur santé : 1/4 plébiscitent le niveau de remboursement le plus important en dentaire et en optique, deux postes de santé nécessitant des frais réguliers. Une explication à cette prise en charge plus qualitative : la promulgation d’une loi obligeant les entreprises à proposer une mutuelle à tous leurs salariés depuis le 1er janvier 2016. L’ANI aurait ainsi un impact positif sur le niveau de couverture des actifs en France.

  • Les actifs du régime TNS (999€/an)

Les postes de dépense optique et dentaire sont importants pour les affiliés au régime TNS (travailleurs non-salariés), puisque plus d’un tiers choisissent un remboursement maximum. Parce qu’ils bénéficient de la loi Madelin, qui permet de déduire de leurs impôts les cotisations à leur mutuelle santé, les travailleurs non-salariés ont tendance à favoriser globalement une meilleure prise en charge de tous les postes de santé.

  • Les retraités (1246€/an)

Enfin, les retraités – qui ont les besoins de santé les plus importants – sont aussi ceux qui se couvrent le mieux. Pour autant, le niveau de remboursement minimum reste globalement très choisi par les assurés âgés, quel que soit le poste de santé. Prothèses dentaires, chirurgie de la myopie ou encore rééducation après une hospitalisation sont pourtant extrêmement coûteux et nécessitent une prise en charge adaptée, voire le support d’une surcomplémentaire santé.

« Beaucoup d’étapes de la vie nécessitent une bonne couverture santé : premières lunettes, pose d’un appareil dentaire, grossesse, accident de la vie, rééducation… analyse Elena Betés, les besoins de chacun évoluent au fil du temps, c’est pourquoi il est primordial de comparer régulièrement les assurances du marché pour rester bien assuré à chaque instant. »

Les tarifs de l’assurance santé augmentent avec le nombre d’enfants

Si la prime annuelle d’assurance santé d’une personne seule ou d’un couple sans enfant est en moyenne de 864€, elle grimpe à 1163€ lorsqu’un enfant est ajouté au contrat. Chaque nouvel enfant couvert fait ainsi augmenter la prime moyenne, qui atteint la somme de 1 752€ par an pour une famille avec 4 enfants ou plus.

« Les assureurs savent que les enfants représentent des dépenses de santé importantes dans un foyer, ils adaptent donc les primes en conséquence », rappelle Elena Betés. Les caries touchent, par exemple, plus d’un tiers des enfants de 6 ans et 45% des enfants de 12 ans[5]. La proportion d’enfants portant des lunettes est, quant à elle, passé de 12% à 18% entre 2000 et 2013[6].

Contrer le risque de sous-assurance santé en France

Afin de limiter le risque de couverture santé inadaptée, Elena Betés – Directrice Générale de LeLynx.fr – donne 4 conseils pour bien choisir un contrat d’assurance :

  • Déterminer son profil d’assuré santé en analysant ses besoins réels et optimiser son contrat en conséquence (« Ai-je besoin d’un niveau de couverture maximal sur l’optique alors que je ne porte pas de lunettes ?»)
  • Ne pas sacrifier des postes de soins essentiels (« Ce n’est pas parce que je suis jeune qu’il ne peut pas m’arriver un accident qui engendrerait des frais d’hospitalisation. »)
  • Pour les salariés, éviter les doublons et conserver leur assurance actuelle si elle est plus adaptée que celle proposée par leur entreprise (« Mon assurance et celle de mon conjoint prennent toutes les deux en charge les remboursements de santé de nos enfants.»)
  • A chaque étape de la vie, remettre son contrat en concurrence pour suivre l’évolution de ses besoins (« Je viens d’avoir un enfant, ma mutuelle est-elle toujours la meilleure du marché pour couvrir cette nouvelle situation ?»)

Baromètre santé 2016 LeLynx.fr

 

Méthodologie de l’étude :

Les résultats de différentes études correspondent à la moyenne des primes annuelles d’assurance santé cliquées et aux informations renseignées par 93 391 utilisateurs de LeLynx.fr sur la période de 01/09/2015 au 31/08/2016. Pour l’étude en fonction du nombre d’adultes, les résultats sont basés sur les primes annuelles moyennes cliquées par 152 760 utilisateurs de LeLynx.fr sur la période du 01/01/2015 au 31/08/2016.

Méthodologie du sondage :

1006 visiteurs du site LeLynx.fr ont donné leur avis dans le cadre d’un sondage en ligne réalisé au mois de septembre 2016.

Références :

[1] http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1590
[2] http://www.ameli.fr/assures/soins-et-remboursements/combien-serez-vous-rembourse/releve-et-taux-de-remboursement/les-taux-de-remboursement.php
[3] http://drees.social-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/publications/recueils-ouvrages-et-rapports/rapports/article/recueil-d-indicateurs-regionaux-offre-de-soins-et-etat-de-sante
[4] https://www.lmde.fr/lmde/ense-4
[5] http://social-sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/sante-bucco-dentaire
[6] http://drees.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/er920.pdf

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Et si on discutait ?

    ce que vous oublier de préciser concernant le régime local Alsace/Lorraine c’est que nous cotisons 1,5 % de plus que le régime général de Sécurité Sociale, ce n’est donc pas un privilège comme le laisse entendre votre article

    Répondre

    Ce n’est guère étonnant :

    – Un contrat complémentaire est ponctionné d’une part par les frais de gestion / commercialisation et la marge de l’intermédiaire commercialisant ce contrat et d’autre part par des taxes sur assurances collectés par l’intermédiaire (TSA, TSCA).
    Pour schématiser, ont peut tabler en moyenne sur 100 EUR de cotisations qui vont permettre le remboursement de 60 EUR de dépenses de santé.

    – Tandis que 100 EUR de non-cotisations en ne participant pas à ce système permettront de rembourser 100 EUR de dépenses de santé.

    Là est la différence.

    Si l’on peut concevoir l’existence des frais de gestion et la marge de l’intermédiaire, lui permettant de se développer dans une optique de mutualisation de dépenses de santé des assurés, il serait par contre vital que l’état modère ses pratiques en matière de taxation sur un domaine aussi sensible que puisse être celui de la santé.

    Voir éventuellement se couvrir (uniquement) sur le risque hospitalier qui peut laisser un fort reste à charge à payer.

    Répondre

    Il y a tout ce qu’il faut savoir dans votre article
    J’ai 68 ans
    Je suis retraité
    Je recherche une mutuelle santé qui couvrirait à plus de 200 % mes frais divers (soins médicaux,soins dentaires, hospitalisations, interventions chirurgicales etc…)
    Pouvez-vous m’indiquer à quelles mutuelles m’adresser sans que celles-ci me harcèlent au téléphone ?

    Répondre

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