Le président de la HAS répond au livre de Debré et Even

Vous vous en souvenez sans doute, en septembre dernier, les professeurs Bernard Debré et Philippe Even sortaient un ouvrage «sulfureusement» intitulé « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », où il était question comme son nom l’indique sans ambiguïté de dénoncer entre autres l’inutilité de 50% des médicaments mis en vente.

Coup médiatique ou recherche sérieuse, ce guide continue de faire couler beaucoup d’encre dans la presse. LeMonde.fr a ainsi laissé la voix à Jean-Luc Harousseau, le président de la Haute Autorité de santé (HAS) dans une tribune intitulée «Médicaments inutiles ou prescriptions excessives ?» publiée sur le site le 30 octobre 2012.

Le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux: un but polémico-médiatique?

Le président de la HAS avertit d’emblée: «le livre des professeurs Bernard Debré et Philippe Even sur les médicaments […] a suscité une large couverture médiatique et créé la polémique, c’était son but.»

Et de s’interroger en premier lieu sur la définition même d’un médicament «dangereux » puisque l’ouvrage concluait à 20% de médicaments dits dangereux. Selon Jean-Luc Harousseau, il est de notoriété publique «que la grande majorité des médicaments efficaces ont aussi des effets secondaires qui peuvent être dangereux et même potentiellement mortels. C’est d’ailleurs ce qui justifie leur prescription par des professionnels longuement formés.»

Du coup, le président de la HAS en arrive à la conclusion que l’appréciation du danger inhérent à la prise de tel ou tel médicament pour tel ou tel patient revient à évaluer le rapport bénéfice/risque en fonction de la gravité de la pathologie qui importe, ce qui entre précisément dans le champ des compétences de la HAS, pour ne pas dire ce qui a fondé la création de cette entité.

A la question des 50% de médicaments inutiles, Jean-Luc Harousseau répond non moins fermement que «les médicaments nouveaux» sont soumis à une «double procédure d’expertise»:

  • L’évaluation du rapport bénéfice-risque pour l’autorisation de mise sur le marché, laquelle s’opère aux niveaux national et européen;
  • L’évaluation de leur intérêt thérapeutique par la HAS pour qu’ils soient remboursés par l’assurance maladie.

Selon le président de l’autorité de santé, lorsque l’insuffisance de certains médicaments est démontrée, ceux-ci sont alors déremboursés par la sécu. Et dedéclarer qu’en fait il y a surtout des médicaments plus utiles que d’autres(sic), ce qui ne revient pas tout à fait à la même chose, n’est-ce pas?

C’est donc sous l’angle du fiasco intégral que Jean-Luc Harousseau juge le livre des deux professeurs qui est pour lui «inutile car il arrive trop tard, bien après l’importante réflexion qui a suivi l’affaire Médiator. […] dangereux car il véhicule certaines idées fausses et risque d’accroitre le climat de défiance vis-à-vis du corps médical et du système de santé qui ont plutôt besoin en ce moment de davantage de sérénité.»

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