Bientôt plus de médicaments dans les pharmacies ?

Selon l’ordre des pharmaciens, la pénurie et les ruptures d’approvisionnement de certains médicaments deviennent monnaie courante. Au mois de septembre 2013, 539 médicaments manquants ont été recensés. Ce phénomène de pénurie est en augmentation, il est dû entre autres à la mondialisation et peut avoir des conséquences importantes en termes de santé publique.

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La pénurie de médicaments dans les pharmacies

Selon Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre national des pharmaciens, une étude a été menée dans 200 officines. Cette étude a été réalisée grâce au nouveau logiciel pilote «DP-rupture» et a permis de recenser pas moins de 539 médicaments en rupture de stock dans ces pharmacies au mois de septembre.

La présidente de l’Ordre des pharmaciens vient donc contredire l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui déclare «seulement» 45 produits manquants sur son site Internet. Pourquoi une telle différence? Ce nouveau logiciel «DP rupture», élaboré en partenariat avec toutes les autorités sanitaires et le ministère de la Santé, permet de recueillir des résultats plus proches de la réalité. Son système d’alerte permet aux pharmaciens de remonter au laboratoire ainsi qu’à l’Ansmles informations en instantané en cas de rupture dans leurs commandes.

Selon l’ANSM, ce sont les médicaments du système nerveux (18%), les anti-infectieux (17%) et les anticancéreux (11%) qui sont les plus touchés par ces ruptures de stock. Pour le moment, la situation n’est pas alarmante car les médicaments peuvent pour la plupart être remplacés par un produit d’une autre marque ou un générique. Mais si rien n’est fait, le problème pourrait s’intensifier. D’ailleurs, le lévothyrox qui est prescrit à 3 millions de patients en France et qui permet de réguler la thyroïde est menacé par cette rupture de stock.

Une aggravation des ruptures de stock observée depuis des années

A en croire l’ANSM, les ruptures de stock de médicaments s’aggravent : elles étaient de l’ordre de 44 en 2008, 173 en 2012 et 245 fin août 2013.

Mais ces ruptures touchent également le monde hospitalier, les médecins sont chaque jour confrontés à cet état de fait qui peut avoir des conséquences lourdes. «Nous gérons chaque semaine la rupture d’approvisionnement de deux à trois médicaments», constate le Pr Gilles Aulagner, président de la commission du médicament des hôpitaux civils de Lyon. Et la majorité de ces produits manquants sont indiqués dans des pathologies lourdes. «Il y a cinq ou six ans, les ruptures étaient exceptionnelles», rappelle Gilles Aulagner.

Les raisons de ces pénuries sont multiples:

  • Il faut savoir que 60 à 80% des principes actifs sont fabriqués en Inde et en Chine. Et quand un incident se produit dans l’une des usines, c’est la distribution au niveau mondial qui est affectée. Le moindre problème qu’il soit politique, économique ou même lié à une catastrophe naturelle, provoque un arrêt de la production de certaines usines qui se retrouvent dans l’impossibilité de fournir les médicaments. Ça a été le cas avec Fukushima, certaines usines étaient les seules à fabriquer certains médicaments.
  • Les contrôles de qualité peuvent également perturber la production de médicaments dans certaines usines qui doivent se mettre au niveau attendu notamment comme dans les pays comme la Chine. En effet, selon un article du journal Le Monde daté du 28 aout 2011 «avec la généralisation des contrôles sanitaires, une préparation de substance active ou une notice non conformes entraînent le rappel d’un lot, et le manque se fait alors ressentir».
  • La demande en médicaments augmente, notamment dans les pays émergents qui demandent de plus en plus l’accès à la santé. Ca provoque des ruptures de stock lorsque la production n’est pas adaptée à cette demande. Et pour cause, l’industrie du médicament marche à flux tendu (peu ou pas de stocks), il suffit donc d’une hausse de la demande imprévue pour que l’offre ne suive pas.
  • La concurrence entre les marchés. Certains distributeurs de médicaments vont privilégier les pays ou la vente de médicaments va leur rapporter le plus d’argent. De ce côté, la France est loin d’être une aubaine pour eux puisque les médicaments se vendent à un prix inférieurs à d’autres pays. Du coup, certains distributeurs vont diriger les stocks français vers d’autres pays.
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