Nouveau statut médical pour les sages-femmes : la fin du bras de fer ?

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, vient d’annoncer la création du nouveau statut de «sages-femmes des hôpitaux», souhaitant mettre un terme au conflit social qui dure depuis cinq mois. Réclamant une meilleure reconnaissance de leur métier à fortes responsabilités (à propos desquelles nous avons récemment consacré un article), les sages-femmes ont entamé une grève en novembre et manifesté à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Tentant un premier arbitrage en décembre, Marisol Touraine avait repoussé sa décision jusqu’en mars, faute de parvenir à trouver un accord entre les sages-femmes, les syndicats et les gynécologues-obstétriciens.

Cinq mesures pour apaiser le conflit

Pour tenter d’obtenir un consensus, la ministre a annoncé la mise en place de cinq mesures dans un communiqué de presse:

  • création d’un statut médical de sages-femmes des hôpitauxsous la responsabilité de la direction en charge du personnel médical (et non plus des cadres hospitaliers);
  • valorisation de leurs compétences par la mise en place «d’une large communication auprès des autres professionnels de santé et du grand public»;
  • propositions de nouvelles responsabilités «en articulation étroite avec les gynécologues-obstétriciens, les anesthésistes-réanimateurs et les pédiatres»;
  • renforcement de la formation des sages-femmes(la rémunération des élèves sages-femmes sera alignée sur celle des étudiants en médecine);
  • revalorisation des salaires compte tenu du niveau de responsabilité des sages-femmes.

Ces promesses vont-elles mettre un terme au conflit? Rien n’est moins sûr, tant les avis divergent entre les différents acteurs hospitaliers et au sein même de la profession. Si le collectif de sages-femmes à l’origine du mouvement de grève souhaite sortir de la fonction publique, avec un statut de praticien hospitalier identique à celui des médecins, les syndicats tiennent au contraire à la sécurité qu’offre le statut de fonctionnaire. Les gynécologues-obstétriciens, quant à eux, se refusent à donner trop d’autonomie aux sages-femmes, pour le bien des patientes. Les engagements annoncés aujourd’hui par Marisol Touraine risquent donc d’être critiqués par les différentes parties dans les jours à venir. À suivre…

Source: LeMonde.fr

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