Mediator : coupables et victimes, comptez-vous !

Mi-juillet, le Parisien s’interrogeait sur la crédibilité d’une mise en circulation du mediator comme des autres médicaments distribués par les laboratoires Servier, dont la dangerosité était connue depuis le début des années 90, sans l’existence de relais dans la haute fonction publique.

Quelques jours plus tard sur France Inter, le ministre de la santé Xavier Bertrand réagissait, en affirmant la pleine responsabilité de celui «qui a produit le médicament et l’a distribué», et en insistant sur la nécessité de ce dernier «d’assumer sa responsabilité».

Le docteur Jacques Servier, neuvième fortune de France et détenteur d’un capital de 3, 8 milliards d’euros, ne devrait toutefois pas être le seul incriminé dans l’affaire du médicament destiné aux diabétiques en surpoids.

Des actions en justice seront probablement engagées à l’encontre de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de la Santé (AFSSAPS), mais aussi des médecins ayant prescrit le mediator hors autorisation de mise sur le marché, au premier rang desquels se trouve le docteur Dukan, nutritionniste célèbre pour son régime hyperprotéiné, qui est assigné pour avoir prescrit le mediator comme coupe-faim.

L’ONIAM: Servier a trouvé son médiateur

Le gouvernement a validé la proposition du laboratoire de créer un fonds d’indemnisation rapide des victimes en compensation d’une absence de poursuites pénales: l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux assurera l’effectivité des indemnisations.

Un collège d’expert (dont un proposé par Servier), sera chargé d’étudier les demandes formulées par les plaignants, qui pourront se déclarer à partir de Septembre, sur présentation d’une preuve de la prise du produit et d’un déficit fonctionnel corrélé.

La liste des victimes à indemniser est encore ouverte, mais l’on sait que 5 millions de personnes ont utilisé le médicament, et que le comptage des décès varie de 500 selon la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, à 2000 selon l’épidémiologiste Catherine Hill, accréditée par l’AFSSAPS.

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