Le manque d’information des centres de bronzage

Les cabines UV sont depuis longtemps attaquées pour le risque accru de cancer de la peau qu’elles font courir à leurs utilisateurs. Une enquête de l’association UFC Que Choisir va plus loin et révèle que les professionnels de ce secteur n’informent pas assez leurs visiteurs des dangers représentés par les séances d’UV.

L’enquête a porté sur 829 centres de bronzage. L’association a envoyé ses bénévoles se renseigner sur le nombre, la fréquence et la durée des séances nécessaires pour se préparer à un voyage au soleil 15 jours plus tard. En cas d’absence de question de la part du personnel, les enquêteurs devaient préciser qu’ils suivaient un traitement contre l’hypertension à base de Lasilix, un médicament photosensibilisant, incompatible avec les cabines UV. Le but était de savoir ce que les professionnels disaient sur les bienfaits et surtout les risques posés par les UV.

UFC Que Choisir critique la «désinformation» des professionnels

Les chiffres sont édifiants: 54% des établissements visités n’observaient pas la peau du client avant de proposer des séances et 35% déclarent que les UV artificiels sont bons pour la santé.

De plus, 73% ne demandent pas à leur client s’il a des contre-indications médicales et 27% ne lui interdisent pas les séances d’UV même quand il mentionne son médicament photosensibilisant. L’un des professionnels mis à l’épreuve a même répondu «Aucun problème» à un enquêteur qui évoquait une ancienne tumeur de la peau. Au total, 65% des centres visités n’ont pas évoqué les risques de cancer de la peau.

Au final, les enquêteurs ont essuyé peu de refus. Même les adolescentes de 14 ans envoyées faire le test n’ont pas été refusées. Sur 23 centres, 13 seulement ne les ont pas acceptées. Le problème? Le bronzage artificiel est interdit aux mineurs.

Les faux bénéfices vantés par les centres de bronzage

UFC Que Choisir dénonce les faux bénéfices vantés par les professionnels du secteur. L’association accuse également leurs campagnes de communication de «[semer] le doute sur les connaissances scientifiques».

L’argument selon lequel les séances d’UV préparent la peau aux expositions solaires et évitent les coups de soleil revient régulièrement. C’est par exemple ce que prétend le blog Elsa et les Idées Reçues sur les UV en cabine, affilié à la chaîne de bronzage artificiel Point Soleil (ce qui, reconnaissons-le, n’est pas vraiment signe de neutralité). C’est totalement faux selon le BEH (Bulletin épidémiologique hebdomadaire), mais 24% des personnes interrogées par le Baromètre cancer 2010 y croient.

Par ailleurs, les professionnels rappellent que les rayons UV permettent de synthétiser la vitamine D, qui est bonne pour prévenir le cancer du côlon. Ils se servent donc de cette information pour vanter les mérites de leur service. Or selon Jean-François Doré, directeur de recherche émérite à l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), si ces bienfaits de la vitamine D sont véridiques, «exposer les mains et le visage quelques minutes à un soleil moyen suffit».

Enfin, UFC Que Choisir épingle le label Institut Français Soleil et Santé (IFSS), censé garantir «le bon usage des UV». Dans les faits, la communication des centres affiliés n’était guère meilleure (les risques n’étaient pas toujours évoqués, par exemple). Peu surprenant car après tout, il suffit qu’un seul employé ait reçu une formation de deux heures pour que le centre bénéficie du label. De plus, au bureau de l’IFSS siège un responsable de la chaîne Point Soleil, également représentant du Syndicat national des professionnels des centres de bronzage. Ce qui permet de douter de la neutralité de de cet institut.

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