Faut-il interdire la publicité pour les centres de bronzage ?

Une nouvelle fois, l’Académie de médecine s’attaque aux centres de bronzage. Comme en 2010, elle réclame la fin de la publicité pour les cabines de bronzage, dont les effets cancérigènes sont souvent rappelés par les professionnels de la santé. Plus particulièrement, elle épingle le recours aux grands sportifs dans la stratégie de communication des professionnels de ce secteur.

Les sportifs, nouvelles égéries des centres de bronzage

Une pratique cancérigène promue en utilisant l’image de grands sportifs pour donner l’impression qu’elle est bonne pour la santé, ça vous semble logique? C’est en tout cas la stratégie qu’adoptent les centres de bronzage pour redorer leur blason, alors que les médecins ne cessent de rappeler que les rayons UV émis par ces machines augmentent le risque de cancer de la peau et notamment, de mélanome.

Par exemple, l’enseigne Point Soleil affiche fièrement sur son site un partenariat avec un club de natation marseillais dans lequel on retrouve plusieurs médaillés des Jeux Olympiques de Londres de 2012. Ceux-ci, en échange d’un accès VIP aux cabines de bronzage, affichent sur leur page Facebook, Twitter (et autres réseaux sociaux) leur attachement à Point Soleil. La chaine se réjouit de ce partenariat et déclareêtre «aujourd’hui très fier[e] d’être le partenaire officiel de la bonne mine affichée des nageurs marseillais, quelle que soit la saison».

L’Académie de médecine dénonce un autre exemple, en Angleterre cette fois. À Manchester, pour lutter contre le manque de soleil, l’équipe de football locale dispose de ses propres cabines de bronzage! La raison? Elles serviraient à compenser le manque de vitamine D des joueurs sous le ciel gris de Manchester, puisque les rayons UV permettent au corps de synthétiser cette hormone. Sauf que selon les médecins, prendre de la vitamine D par voie orale est aussi efficace (les apports en vitamine D sont toujours à compléter par l’alimentation en-dehors de l’été) et ne provoque pas de cancer de la peau. De plus, les cabines de bronzage émettent avant tout des UVA, qui ne servent à rien dans ce cas, puisque la vitamine D n’est synthétisée que sous l’effet des UVB. Enfin, si l’on veut lutter contre une dépression saisonnière due au manque de soleil, la luminothérapie est bien plus indiquée.

Dans son communiqué, l’Académie de médecine se dresse contre ces exemples, qui tiennent selon elle de la «publicité mensongère» et sont une «dangereuse imposture». Faire appel au sport, dont on vante régulièrement les bienfaits pour la santé, afin de promouvoir les cabines à UV, qui elles, sont dangereuses révolte les académiciens. Elle souligne par ailleurs que les sportifs sont une population plus à risques pour le cancer de la peau puisqu’ils passent de nombreuses heures en manches courtes sous le soleil pour s’entrainer et qu’ils devraient plutôt faire l’objet d’une campagne de prévention. Face à autant de désinformation, elle propose donc l’interdiction de la publicité pour les UV artificiels.

Tabac et cabines UV, même combat?

Un produit dangereux pour la santé qui sur le long terme provoque des cancers, ça ne vous rappelle rien? Oui, ces centres sont comparables dans une large mesure à la cigarette, ce que l’Académie ne se prive pas de noter. Des études tendraient même à montrer qu’il existe une addiction aux cabines de bronzage.

Pourtant, là où la publicité pour la cigarette est totalement interdite par la loi Évin, celle des centres de bronzage est encore autorisée. Les seules restrictions pesant sur ces publicités sont qu’elles ne peuvent mentionner un quelconque effet bénéfique pour la santé et qu’elles doivent comporter la mention«le rayonnement d’un appareil de bronzage UV peut affecter la peau et les yeux. Ces effets biologiques dépendent de la nature et de l’intensité du rayonnement, ainsi que de la sensibilité de la peau des individus.» Rien d’extrêmement restrictif.

L’Académie de médecine propose donc d’aller plus loin et d’interdire la publicité pour les centres de bronzage une bonne fois pour toute. Ceux-ci ne seraient ainsi plus en mesure d’utiliser les sportifs pour se donner une bonne image.

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