Grève des médecins : le pourquoi d’une telle mobilisation

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Mieux vaut ne pas tomber malade en cette période de fête ! Depuis le 23 décembre, les médecins libéraux sont en grève pour protester contre le projet de loi santé de la ministre Marisol Touraine et semblent bien décidés à durcir leur mouvement.

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La grogne avait débuté à l’automne dernier avec l’annonce d’un projet de loi visant à réformer les activités des professionnels de la santé. Les pharmaciens avaient été les premiers à réagir en se mettant en grève de façon massive à la fin du mois de septembre, et c’est désormais au tour des médecins libéraux de manifester leur mécontentement.

Alors que les fins d’année sont souvent propices aux accidents et maladies saisonnières, plus de 80% des médecins gardent les portes de leur cabinet fermées depuis le 23 décembre. Le mouvement prend aujourd’hui un nouveau tournant à l’aube de sa deuxième semaine avec la mobilisation de SOS médecins. L’association a en effet de plus en plus de mal à remplir ses fonctions et croule sous les appels depuis que le nombre de ses consultations a doublé l’an passé.

Le tiers payant en ligne de mire

L’ampleur de la contestation est à l’image de l’exaspération et de la détermination des médecins qui voient là une énième réforme inadaptée aux réalités du métier. Ils protestent ainsi en grande partie contre la généralisation du tiers payant prévu pour le mois d’avril 2015. Un dispositif qui permettra aux Français de ne plus avancer les frais remboursés par la sécurité sociale après une consultation. Bien que l’accès aux soins s’en verra nettement amélioré, les médecins appréhendent une « déresponsabilisation » de la part des patients mais aussi un surplus de travail administratif.

Par ailleurs, les médecins désapprouvent l’ouverture de la vaccination aux pharmaciens pour des raisons de suivi du patient. La proposition avait engendré au mois d’octobre dernier un débat houleux qui semble aujourd’hui loin d’être clos… Les généralistes réclament pour finir une augmentation du prix de la consultation de deux euros, passant de 23 à 25€.

La révolte se poursuit

On aurait pu craindre un engorgement des services d’urgence face à cette grève exceptionnelle (les cliniques et urgentistes étant eux aussi mobilisés), mais le gouvernement certifie que la situation reste tout à fait gérable, puisqu’annoncée depuis quelques mois déjà. La ministre de la santé Marisol Touraine ne semble cependant pas vouloir céder à ces revendications, renvoyant la balle du côté des médecins bien décidés à poursuivre leur mouvement… « Nous sommes face à un ministère particulièrement sourd » déclarait ce matin le président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, sur RTL.

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