En France, on n’aime pas les médicaments génériques

Voilà une trentaine d’années que les médicaments génériques sont pointés du doigt pour diverses raisons. La perte de milliers d’emplois est un reproche de plus qui vient s’ajouter à la liste faite à ces contrefaçons venues d’ailleurs.

Les laboratoires pharmaceutiques français sont remontés contre l’Assurance Maladie, qui, soupçonnent-ils, favorise l’utilisation des médicaments de substitut. Ils n’en pensent pas moins des pharmaciens, qui ont été intimés de promouvoir la vente du médicament générique au détriment du princeps (le médicament original).

Entre les fabricants de médicaments, princeps et génériques, c’est la guerre ! L’authentique accuse la copie d’être dangereuse pour la santé et cette dernière se défend en dénonçant un puissant lobbying pour contrer son succès. Ces médicaments génériques sont fabriqués à l’étranger, et coûtent moins cher que les princeps.

Pour concurrencer les génériques, les fabricants de princeps vont devoir ajuster le prix de leurs médicaments à la baisse. Par conséquent, les fabricants de médicaments génériques, comme pour les princeps, vont avoir recours à des fournisseurs de composants offrant le plus bas prix. Ils iront donc les trouver en Inde ou en Chine. Ce dernier point effraie les employés de ces laboratoires qui craignent une délocalisation vers ces pays du Tiers monde et de finir au chômage.

Le générique, un médicament légitime ?

C’est une copie conforme, mais pas nécessairement identique, au médicament original, vendue moins cher sous un autre nom et qui possède les mêmes vertus. En général, c’est votre pharmacien qui pourrait vous proposer d’en prendre à la place du médicament prescrit par votre médecin. Toutefois, le pharmacien est tenu de vous informer s’il vous donne un médicament générique à la place de celui prescrit par le médecin. Il ne peut remplacer les médicaments princeps que sous les conditions suivantes :

  • Le médicament substitué doit appartenir au même groupe générique que celui prescrit par le médecin
  • L’ordonnance du médecin ne comporte pas la mention «Non substituable»
  • Le médicament substitué ne doit pas entraîner de dépenses supplémentaires pour l’Assurance Maladie.

L’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est chargée de l’évaluation de ces médicaments avant de délivrer une autorisation de mise sur le marché (AMM). L’agence doit aussi inscrire ces médicaments au répertoire des groupes génériques et leur commercialisation ne peut avoir lieu avant la publication de ce répertoire au Journal officiel.

Sont-ils fiables ?

Ces médicaments de substitution sont, pour la plupart, fabriqués à l’étranger, en dehors de la France et de l’Union Européenne. L’ANSM soutient que les fabricants et exploitants étrangers sont soumis aux mêmes réglementations de pharmacovigilance en matière de sécurité, les effets secondaires et indésirables par exemple, que les médicaments princeps.

Dans son dernier rapport datant de décembre 2012, l’ANSM a prévu de nouvelles mesures pour promouvoir la distribution des médicaments génériques afin qu’ils occupent une plus grande sur le marché pharmaceutique.

Il n’y a à ce jour aucun scandale sanitaire en ce qui concerne l’usage des médicaments génériques mais les fabricants de médicaments princeps n’entendent pas partager le gâteau.

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