Effet placebo : comment ça marche ?

S’il fallait donner une définition générale à l’effet placebo, on dirait simplement à l’instar de Martin Winckler(1) qu’il est «un effet subjectif, mais réel, produit sur une personne par un médicament n’ayant pas d’efficacité démontrée».

Mieux encore, poursuit l’auteur de la chronique «Qu’est-ce que l’effet placebo?», certains médicaments dont l’efficacité a pourtant été démontrée produisent également un effet placebo, c’est notamment le cas des aspirines auxquelles on peut prêter une efficacité seulement 10 minutes après leur prise alors même qu’elles n’ont pas eu le temps d’agir sur l’organisme.

L’effet nocebo, le pendant du placebo

Moins connu que son pendant positif, l’effet placebo qui suggère au patient que tel traitement ou tel médicament n’ayant pas d’efficacité démontrée agit positivement dans sa guérison, l’effet nocebo participe de la même force de suggestion.

L’exemple le plus régulièrement cité pour rendre compte de l’effet nocebo est celui de la lecture d’une notice de médicament et surtout des effets secondaires et/ou indésirables que le patient croit ressentir immédiatement après la prise du médicament.

Effet placebo: la conscience du patient en question

D’après le site Slate.fr, des chercheurs américains viendraient d’arriver à la conclusion que finalement, la conscience du patient n’était pas responsable des effets placebo ou nocebo. En d’autres termes, «Une personne peut avoir une réponse placebo ou nocebo même si elle n’est pas au courant d’une quelconque suggestion d’amélioration ou anticipation de détérioration».

Concrètement, l’étude met à mal «une sorte de projection mentale du patient liée à l’espérance d’une guérison ou à la crainte d’une aggravation de sa maladie» que l’on tenait jusqu’ici comme étant l’explication de l’effet placebo, ou de l’effet nocebo.

Pour mener l’étude en question, les professeurs Karin Jensen et Jian Kong de l’hôpital Massachusetts General et de la Harvard Medical School ont choisi 40 volontaires dont 24 femmes et 16 hommes, âgés de 23 ans en moyenne.

La première partie de l’expérience a consisté à «appliqu[er] une source de chaleur sur le bras des participants tout en leur montrant des images de visages humains masculins sur un écran d’ordinateur». Les images de visages projetées donnaient à voir une faible douleur de brûlure (pour la première image) ou une forte douleur (seconde image projetée).

Les volontaires étaient invités à noter sur une échelle allant de 0 à 100 leurs propres sensations de douleur pour chaque image projetée alors même que la source de chaleur qui leur était appliquée était constante et ne variait ainsi pas en fonction des images. Réagissant évidemment davantage aux images qu’à l’application de la source de chaleur, les participants ont noté leurs sensations de douleur par rapport aux images qu’ils voyaient.

Jusqu’ici, rien de bien spectaculaire, l’expérience aura juste servi à démontrer l’effet placebo classique.

La deuxième partie de l’expérience en revanche s’est attachée à reprendre les mêmes conditions que pour la première partie, c’est-à-dire en appliquant toujours une source de chaleur sur le bras des participants, mais à la différence de la précédente, les images diffusées l’étaient de manière si brève «que le cerveau ne pouvait les reconnaître consciemment».

Or, les résultats étaient les mêmes, les effets placebo et nocebo se sont produits de la même manière que pour la première partie de l’étude alors que les participants n’avaient pas «la conscience de l’association visage-douleur».

(1) : Martin Winckler, « Qu’est-ce que l’effet placebo? » (2003), chronique sur France Inter.

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