Le Distilbène provoque-t-il le cancer du sein ?

Le Distilbène, un médicament prescrit aux femmes enceintes jusqu’en 1977 en France afin d’éviter les fausses couches, est aujourd’hui interdit à cause de ses effets néfastes sur la santé, non seulement pour la femme qui le prend, mais également pour ses enfants et ses petits-enfants. Les risques comprennent entre autres la stérilité ou le cancer du col de l’utérus.

Cependant, les enquêtes déjà publiées aux États-Unis et aux Pays-Bas ont donné des résultats contradictoires, probablement à cause de la différence d’âge entre les groupes sélectionnés et de l’écart entre les doses prescrites dans les deux pays. Le Réseau DES France, une association de patients, a donc décidé de mener sa propre enquête afin d’étudier le cas français.

Une enquête pour mesurer les effets du Distilbène

L’association a donc créé un questionnaire en ligne auquel peuvent répondre les membres de familles concernées par le Distilbène (ou DES, abréviation de diéthylstilbestrol, l’hormone de synthèse incriminée) ainsi que les femmes nées entre 1950 et 1977 non concernées par le Distilbène afin de constituer un groupe témoin.

Pour l’heure, on sait que le risque de cancer du sein augmentait légèrement pour les femmes ayant pris du DES et que leurs fils et leurs filles présentaient un risque accru de malformations génitales. Les filles sont les plus touchées puisqu’elles sont davantage sujettes à l’infertilité ou aux cancers (tel que celui du col de l’utérus). De plus, leurs grossesses présentent un taux d’accident (grossesses extra-utérine, fausse couche…) plus élevé.

Les effets du DES sur le cancer du sein encore inconnus

Cependant, on ignore encore si les «filles du Distilbène» présentaient également un plus grand risque de cancer du sein. Si l’enquête américaine a conclu que oui, ce n’est pas le cas de l’enquête néerlandaise, pour les raisons évoquées ci-dessus. On sait qu’aux États-Unis les doses prescrites étaient fortes, de l’ordre de 7500 à 12400mg pour l’ensemble de la grossesse des patientes, alors qu’en France ce chiffre n’atteint «que» 4050mg.

Puisque les doses prescrites en France n’étaient pas les mêmes qu’au pays de l’Oncle Sam, on ignore l’impact véritable du Distilbène sur les générations nées de cette hormone de synthèse. En attendant les résultats de l’étude, ouverte jusqu’à la fin du mois d’août, le Réseau DES France incite les femmes de plus de 40 ans à subir une mammographie tous les deux ans si leur mère a reçu une faible dose de DES pendant le premier trimestre de leur grossesse ou tous les ans dans le cas où les doses de Distilbène étaient élevées tout au long de la grossesse.

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