Les dépenses de médicaments en baisse en 2012

C’est une première depuis des années: en 2012, les remboursements de médicaments ont enregistré une baisse de 0,8%. Ce recul est dû à plusieurs facteurs qui ont permis d’inverser la tendance des dernières années, laquelle était à la hausse (4 à 6% par an).

Ce chiffre positif est une bonne nouvelle pour ce marché, toujours miné par divers scandales sanitaires et par la contrefaçon.

Une baisse due entre autres à l’utilisation des génériques

Le détail des chiffres concernant la baisse des dépenses de médicaments, présenté sur Mutualité.fr, indique que si le montant des remboursements s’élevait à 22,8 milliards d’euros en 2011, cette somme est descendue à 22,7 milliards en 2012. Une baisse qui n’est pas due à une prise en charge moindre de la Sécurité sociale, mais à des prescriptions plus économiques.

Grâce au programme tiers-payant contre générique, la proportion de médicaments génériques vendus a augmenté par rapport aux princeps, ce qui a permis une économie de 1,5 milliard d’euros sur l’année. De plus, les prix des médicaments ont baissé, ce qui a logiquement réduit le montant des remboursements à verser par la Sécu. Enfin, cette réduction est également due à une baisse des ventes de médicaments. Par exemple, les anti-inflammatoires enregistrent une chute de 32,6% de leurs ventes.

La Mutualité française note que ces économies sont en partie contrebalancées par certaines augmentations. Les dépenses en médicaments pour les pathologies lourdes (le VIH, les hépatites ou les cancers) sont toujours en hausse. La Sécurité sociale déplore également la «tendance à prescrire, à nombre de boîtes égal, des médicaments de plus en plus onéreux».

Des chiffres inquiétants pour le médicament

Cependant, l’actualité n’est pas entièrement positive pour les médicaments.

Les scandales sanitaires de ces derniers temps (la pilule Diane 35, le Mediator) soulèvent la question de la sécurité des médicaments. D’après les chiffres du docteur Bernard Bégaud, témoin dans l’affaire du Mediator, 18000 décès par an sont imputables aux effets secondaires des médicaments, autrement dit plus que les suicides et les accidents de la route réunis. Un tiers de ces morts est dû à une prescription qui n’avait pas lieu d’être (comme dans le cas du Mediator).

Bernard Bégaud ajoute que les médecins en France sont peu formés en pharmacologie, ce qui serait la cause des mauvaises prescriptions. Il précise de plus que: «Les alertes sur les effets indésirables d’un médicament proviennent à 85 % des hôpitaux et seulement à 15 % des médecins libéraux».

Autre fait troublant concernant les médicaments: la contrefaçon. Selon LePoint.fr, on estime que dans le monde, 1 médicament sur 10 est contrefait. Le phénomène est exacerbé en ligne, où, selon l’OMS, 1 médicament sur 2 serait un faux. Le marché de la contrefaçon de médicaments est extrêmement rentable puisqu’il a dégagé 75 milliards de dollars de profits en 2010. Le trafic, qui représente un volume de saisie aux douanes supérieur aux cigarettes de contrebande, ne s’arrêtera donc pas de sitôt.

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