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Cigarette électronique : quel avenir pour les vapoteurs ?


Les utilisateurs de cigarettes électroniques se retrouvent face à un paradoxe : alors que l’utilisation de ce substitut au tabac est encouragée par les professionnels de la santé, sa commercialisation est malmenée par la réglementation européenne et son marché se retrouve accaparé par les géants de la cigarette.

La seule alternative crédible à la cigarette s’est révélée être la cigarette électronique (ou e-cigarette). En effet, en 2015, le Public Health England, une agence dépendant des autorités sanitaires du Royaume-Uni, a publié une étude concluant que l’e-cigarette serait 95% moins nocive que la cigarette classique.

Nouvelles réglementations sur la commercialisation

Par conséquent, la directive européenne 2014/40 devant s’appliquer le 20 mai prochain a tout d’une gifle au visage des associations anti-tabac. Les nouvelles réglementations :

  • interdisent la publicité concernant les cigarettes électroniques ;
  • donnent l’obligation pour les vitrines de magasins revendeurs d’être opaques ;
  • prévoient une réduction de la contenance des flacons de liquide à 10 ml.

« Si elle est reprise à la virgule près, comme le souhaite le lobby du tabac, les produits les plus performants disparaîtront des boutiques », s’inquiète Jacques Le Houezec, l’un des organisateurs du Sommet de la vape. Le « droit d’entrée » prévu par la directive est mis en cause par les professionnels. Il prend la forme d’une taxe à payer pour obtenir l’autorisation de commercialiser un produit. Alors que déclarer un nouveau paquet de tabac ne coûte que 125€, un nouveau liquide de vape pourrait lui monter à plusieurs milliers d’euros. De quoi refroidir les petits entrepreneurs du secteur… au profit des géants du tabac, qui n’ont pas attendu avant de se tailler une part du gâteau de l’e-cigarette.

Parmi les cigarettes électroniques des grandes marques, on retrouve la Vype de la British American Tobacco, propriétaire de Lucky Strike ou encore le MarkTen d’Altria, propriétaire de Marlboro.

Ces acteurs majeurs bénéficient en effet de l’appui d’un réseau de quelques 3 000 débits de tabac en France pour la distribution de leurs modèles respectifs. Des bureaux de tabac qui ne sont pas concernés de la même façon par la directive européenne du 20 mai que les revendeurs indépendants, qui devront se mettre aux normes ou simplement fermer boutique.

Ainsi, l’avenir de la cigarette électronique, nouveau parangon de l’anti-tabagisme, a toutes les chances de se retrouver sous peu entre les mains de ceux à qui profite la vente de cigarettes classiques…

Moins nocif que la cigarette

Liquide pour cigarette électronique

Le Pr Daniel Thomas, porte-parole de la Société française de tabacologie, affirme que « les fumeurs meurent en moyenne 10 ans plus tôt que les non-fumeurs ». Ainsi, la cigarette électronique ne devrait-elle pas être la meilleure arme contre le tabagisme ? Pour avancer dans ce sens, le 9 mai dernier s’est tenu à Paris le 1er Sommet de la vape, réunissant plusieurs acteurs de santé publique et associations afin de débattre de la consommation et des conséquences de l’e-cigarette.

A émergé de ce sommet un texte encourageant les fumeurs à délaisser les cigarettes au profit de la vape (ou du vapotage). Les 8 associations présentes se sont ainsi jointes aux 32 000 experts du Collège royal des médecins britanniques qui, dans une étude publiée au mois d’avril, soutiennent que « la cigarette électronique est susceptible d’être bénéfique pour la santé publique ».

7,7 à 9,2 millions de Français auraient déjà goûté à la cigarette électronique et entre 1,1 et 1,9 million l’auraient adoptée.

Le pneumologue Bertrand Dautzenberg a communiqué quelques jours plus tard plusieurs points de consensus qui ont tout pour encourager une mise en avant de la cigarette électronique au détriment de la cigarette classique. Le médecin mentionne ainsi des émissions de la vape ayant une « composition au minimum 20 fois moins toxique que la fumée de tabac » et le fait que « l’e-cigarette apparaît chez les adolescents plus comme un concurrent du tabac que comme un produit d’initiation ».