Le « burn-out » a-t-il une chance d’être reconnu comme maladie professionnelle ?

Reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, telle est l’ambition du député socialiste Benoît Hamon. En déposant plusieurs amendements au projet de loi sur le dialogue social, le député a pour objectif d’ajouter le burn-out aux 98 maladies professionnelles déjà recensées. Toutefois, après l’ouverture de l’examen du projet de loi mardi, certains amendements ont déjà été jugés irrecevables.

Accusés d’amener des charges publiques supplémentaires, les amendements refusés de M. Hamon prévoyaient que les affections dites psychiques soient reconnues comme maladies professionnelles. Une requête rejetée par le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP).

L’actuel député des Yvelines a encore une chance de faire passer deux amendements d’ici vendredi. Le premier vise à reconnaître les « pathologies psychiques comme des maladies d’origine professionnelle », et le second demande au gouvernement de Manuel Valls un rapport « sur l’intégration des affections psychiques dans le tableau des maladies professionnelles ».

Les changements à prévoir

Si le syndrome de l’épuisement professionnel (autre nom du burn-out) est déclaré comme une maladie professionnelle, la branche Accidents du travail-Maladies professionnelles, financée par les entreprises, indemnisera le salarié. Jusqu’à présent, c’est le régime général de la Sécurité sociale qui effectue l’indemnisation. Actuellement, le coût de cette maladie est estimé entre deux et trois milliards d’euros par an. Loin de vouloir blâmer les entreprises, le député souhaite seulement qu’elles agissent en amont, en prévenant les possibles risques de burn-out chez les employés.

50 définitions du burn-out

burn-out-maladieLes médecins s’accordent généralement sur les symptômes du burn-out, mais cette « maladie » n’a pas encore de définition précise, tant elle recouvre des réalités différentes : à ce jour, elle aurait plus de 50 définitions. Son diagnostic, ainsi que ses origines, peuvent être difficiles à établir et à attribuer uniquement à l’environnement de travail. Si les amendements de M. Hamon venaient à considérer le burn-out comme une maladie professionnelle, il faudrait alors en redéfinir et en circonscrire les aspects.

Même s’il revient au goût du jour, sachez que le burn-out n’est pas un phénomène nouveau. Intimement lié à l’évolution de l’organisation du travail et à l’arrivée des nouvelles technologies, ce syndrome touche actuellement plus de 3 millions de salariés en France.

Les métiers à risque

Tous les métiers ne sont pas égaux devant le burn-out. Certains emplois seraient, en effet, plus propices au développement du syndrome d’épuisement professionnel. Les agriculteurs arrivent en haut du classement. Quelque 60 % d’entre eux se sentent en proie à cette maladie en raison, entre autres, de l’isolement. Suivent les artisans, les commerçants, les chefs d’entreprise ainsi que les cadres. Les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers sont, quant à eux, très peu susceptibles de faire un burn-out.

Avec un salarié sur trois concerné par le syndrome de l’épuisement professionnel, personne n’est à l’abri du burn-out. Si vous en ressentez certains symptômes, consultez un médecin rapidement et pensez d’ores-et-déjà à comparer les mutuelles santé pour être bien protégé.

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