Assurance au comportement : payer selon son hygiène de vie ?

Assurance au comportement

L’avènement de la santé connectée a ouvert la voie à des réductions sur les tarifs d’assurance santé en fonction de l’hygiène de vie de l’assuré. Generali a ainsi imaginé un contrat surveillant l’activité quotidienne de ses clients, de leur activité physique jusqu’à l’endroit où ils font leurs courses. Une collection permanente des données de santé qui inquiète le ministère de la Santé.

Avec son offre « Vitality », l’assureur Generali souhaite proposer des tarifs préférentiels aux assurés qui justifieraient d’une bonne hygiène de vie. A la clé de ce contrat d’assurance « au comportement », des réductions de 10% à 15% sur la prime à payer. Generali souhaite ainsi se créer une place sur un marché en pleine expansion de l’assurance santé connectée.

L’assureur a ainsi lancé le 1er juillet la première phase de test de son service « Pay how you live » (en français, « payez comme vous vivez »), facultative et pour le moment limitée aux produits de prévoyance proposés par la compagnie en Allemagne. La compagnie prévoit d’étendre « Vitality » dès le début 2017 dans le reste de l’Europe, à commencer par la France.

Une tarification de la prime sur mesure

Lors de la souscription à l’offre « Vitality », l’état physique de l’assuré est déterminé par un bilan de santé dans une pharmacie agréée. Dès lors, les progrès du client sont évalués via un système de points. Selon plusieurs indicateurs, tels que le nombre de pas réalisés par jour, l’activité sportive pratiquée, les visites médicales préventives ou même les achats dans des supermarchés bio, la prime d’assurance est tarifée pour s’adapter à l’hygiène de vie du souscripteur.

Pour se démarquer des offres similaires proposées par la concurrence (dont l’américain John Hancock et la mutuelle suisse CSS Assurance), Generali agrémente ses réductions de prime de bons de réductions de marques, plus ou moins associés au soin de l’hygiène de vie, comme Adidas (équipement de sport), Expedia (agence de voyage), Weight Watchers (aide à la perte de poids) ou encore Allen Carr’s Easyway (méthode pour arrêter de fumer).

Malgré les avantages qu’elle semble présenter sur le papier, l’assurance au comportement n’a pas tardé à faire réagir les associations de consommateurs. « Est-ce aux assureurs privés de définir ce qu’est un bon comportement ? », s’inquiète Mathieu Escot, responsable des études au sein de l’UFC Que Choisir.

Contrôler l’utilisation des données clients

Données de santé

L’inquiétude principale soulevée par cette nouvelle formule d’assurance est l’utilisation des données collectées par les compagnies d’assurance. Concernant l’offre « Vitality », la collection d’information est effectuée par une société dite « indépendante »… qui se trouve en réalité être une filiale du groupe Generali. De quoi faire monter au créneau la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui s’est exprimée le 4 juillet sur la stratégie nationale en matière d’e-santé.

« L’open data en santé impose des règles précises et j’ai fait le choix (…) dans la loi de ne pas permettre aux assureurs d’accéder de manière simple, sans filtre à ces données de santé, parce qu’il n’y a pas là des enjeux d’intérêt public », affirme-t-elle. Sa crainte : « qu’à l’occasion du développement des données de santé, certains assureurs viennent conditionner leurs remboursements par le respect de certaines pratiques de vie des assurés ».

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