Abondance de pub chez les médecins généralistes ?

Pour vous être rendu une fois au-moins dans votre vie chez un médecin généraliste pour une consultation, vous savez qu’en vous accueillant, celui-ci (ou sa secrétaire) vous fait généralement patienter dans une salle d’attente.

Pour occuper l’attente du patient qui peut être longue, il est de bon ton de disposer de la documentation dans la salle et, tant qu’à faire vu qu’on est chez le médecin, autant que cette documentation apporte une «information de qualité» aux patients.

C’est précisément la conviction de l’association UFC Que Choisir qui a mené son enquête dans les salles d’attente de 672 cabinets médicaux en France. Retour sur les résultats de l’étude.

Remplacer les prospectus commerciaux par des messages d’information sur la santé

L’Association de consommateurs UFC Que Choisir a rendu publics, par voie de communiqué de presse le mercredi 08 janvier 2014, les résultats d’une enquête réalisée de la mi-mai à la mi-juillet 2013 dans 672 cabinets médicaux.

Au total, près de 3500 prospectus ont été récoltés nous dit l’association, 59% des cabinets visités en étant pourvus. Pour l’UFC, le constat est accablant:

  • «seuls 40 % des brochures émanent d’acteurs institutionnels (ex : Assurance maladie, autorités sanitaires) ou associatifs (ex : associations de patients, sociétés savantes des professionnels de santé)»;
  • 20 % des dépliants sont édités par des laboratoires pharmaceutiques;
  • 13% sont édités par l’industrie agro-alimentaire;
  • Et pêle-mêle, des «publicités pour des établissements thermaux, des sociétés de service à la personne ou encore des produits d’hygiène».

Salle d’attente: beaucoup de publicités masquées

Qui plus est, l’association dénonce une publicité abondante qui tente de cacher sa vraie nature. Ainsi, «seuls 29 % des documents commerciaux affichent ouvertement leur vocation publicitaire, quand 71 % d’entre eux la masquent derrière une apparente mission d’information (par exemple sur le cholestérol pour une marque de margarine, ou sur la déficience auditive pour un distributeur d’audioprothèses).»

Une façon pour les labos selon l’UFC de faire discrètement la promotion de médicaments remboursables, alors même qu’une telle pratique leur est légalement interdite. Pire encore, accuse l’asso, la documentation présente dans les salles d’attente des cabinets des médecins généralistes bénéficient par leur présence-même chez les médecins de «la crédibilité et de l’autorité scientifique du professionnel de santé» alors qu’elle ne constitue globalement que de la réclame.

C’est dans ces conditions que l’association appelle Marisol Touraine à «se saisir de la prochaine Loi de Santé publique pour garantir aux usagers la qualité de l’information mise à disposition dans les cabinets médicaux, en la réservant aux seuls acteurs institutionnels.»

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