CO2 : l’AIE prévoit des émissions record pour les années à venir

Il y a quelques semaines, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) tirait la sonnette d’alarme quant aux émissions de gaz à effet de serre (CO2) qu’elle jugeait encore trop élevées pour ralentir un réchauffement climatique déjà bien amorcé. Dans un rapport publié il y a quelques jours, l’organisation internationale prévoit des émissions record de CO2 dans les années à venir.

CO2 AIE prévoit émissions record années à venir

Alors qu’elle avait prédit un rebord majeur des émissions de CO2 liées à l’énergie pour 2021, l’AIE se montre, une fois encore, bien pessimiste. En cause : les émissions de gaz à effet de serre qui repartent à la hausse à la suite des plans de relance économique décidés par les gouvernements du monde entier.

La crise du Covid-19 a paralysé l’économie de nombreux pays : ce ne sont pas moins de 16 000 milliards qui ont été dépensés par ces derniers pour aider les entreprises et ménages qui ont subi de plein fouet la crise sanitaire. Énergies fossiles, transports et activités industrielles diverses… Ce sont également près de 2 300 milliards de dollars qui ont été déboursés par les États pour relancer les économies, dans le cadre de la sortie de crise qui se dessine depuis plusieurs mois, au détriment de l’environnement. 

« Non seulement les investissements au profit des énergies renouvelables ne sont pas suffisants pour placer le monde sur la voie de la neutralité carbone en milieu de siècle, mais ils restent encore insuffisants pour prévenir un record d’émissions », regrette Faith Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie.

En effet, alors que l’année 2021 devrait d’ores et déjà marquer un rebond majeur des gaz à effet de serre, les années 2022 et 2023 ainsi que les suivantes seront marquées par des « niveaux records ».

Investir massivement dans les énergies renouvelables

Pourtant, 29 % de l’électricité générée à l’échelle mondiale étaient renouvelables en 2020 (contre 27 % en 2019), en pleine pandémie de Covid-19, preuve que l’objectif est tout à fait atteignable. Selon les prévisions de l’AIE, l’électricité « propre » devrait même augmenter de 8 % dans l’année 2021 et, ainsi, répondre à 30 % du besoin mondial grâce au développement de différents types d’énergie

Si « de nombreux gouvernements » ont souligné l’importance des énergies renouvelables dans le cadre de la sortie de crise, beaucoup « doivent encore joindre les actes à la parole », déplore le directeur de l’AIE.

Le besoin urgent d’investissements et des plans concrets de réduction de CO2 à l’horizon 2030 et 2050 feront très certainement partie des sujets phares d’une COP 26 à Glasgow (du 1 au 12 novembre prochains) aux enjeux cruciaux.