Energies renouvelables : où en est leur progression ?


Depuis quelques années, les plus grands Etats ont amorcé une transition écologique qui prévoit une large part aux énergies renouvelables. Où en est-on de cette métamorphose, en 2020 ?

L’impact du confinement

L’année 2020 marque un tournant dans l’histoire du secteur énergétique. La consommation d’énergie mondiale a reculé de manière drastique, atteignant en France les niveaux de 1945. Cependant, dans cette chute qui concerne tous les combustibles, les énergies vertes parviennent à enregistrer une hausse importante.

En effet, au premier trimestre 2020, le monde a consommé +1,5% d’énergies renouvelables (3% pour l’électricité). Que cette part augmente alors même qu’on constate un effondrement des énergies fossiles est particulièrement significatif. L’Agence internationale de l’énergie prévoit qu’en 2020, la planète aura consommé 5% de plus de ressources renouvelables qu’en 2019.

La question du marché « vert »

Ces chiffres ne sont pas réellement surprenants, en prenant en compte le contexte et les politiques menées. Mais demeure une question : le marché du renouvelable peut-il prospérer dans les années à venir ? Un rapport de l’Irena en 2019 faisait état d’une baisse des coûts de production d’énergie verte de près de 10% en un an. Le solaire et l’éolien, en guise d’exemple, voyaient la facture diminuer.

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Le confinement a souri aux producteurs verts. Iberdrola, en Espagne, a eu des bénéfices en croissance de 5%. Le géant danois de l’éolien, Orsted, a connu une augmentation de l’ordre de 33%. Enfin, Vattenfall enregistre une hausse des recettes de 44%. Malgré ces chiffres, des sérieux doutes persistent sur la viabilité économique du secteur.

La dépendance aux Etats

En fait, tout dépendra de l’investissement des Etats concernés par la transition écologique. La plupart ont pris conscience des enjeux environnementaux. La France, pas avare d’efforts en la matière, se classe 3e pays le plus attractif pour le secteur des énergies propres, selon le 53e rapport Recai du cabinet EY. Compte tenu du contexte américain, elle pourrait même envisager une 2e place en 2020.

Le géant danois Orsted a vu ses recettes augmenter en 2020, malgré la crise sanitaire.

Mais les investissements sont tout de même insuffisants, à en croire l’Irena. Selon l’agence, ils devront passer de 330 milliards d’euros à 740 milliards annuels dans l’éolien et le solaire. L’exemple allemand est souvent cité.

Au premier trimestre 2020, Berlin, « aidé » par le contexte du coronavirus, a pu présenter un taux de production verte de 50%. Aux Etats-Unis, pendant 40 jours, la production des énergies renouvelables a dépassé celle du charbon, un comble alors que le pays cherche avant tout à favoriser cette deuxième ressource.

Et en France, où en est-on ?

Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 26% de la consommation d’électricité mondiale. En France, si on se réfère aux données de 2017, près de 16% de l’énergie consommée provient des filières vertes. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 40% en 2030.

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Le pays est porté par de nombreux projets, parfois en retard, certes, mais ambitieux. A partir des chiffres donnés par RTE, LeLynx.fr avait dressé un classement des régions les plus avancées sur le sujet. En Auvergne-Rhône-Alpes, en Occitanie et dans le Grand Est, incontestablement, la production d’énergie renouvelable atteint des résultats très prometteurs.

Une route solaire dans le département de la Savoie.

Consommer vert, ça coûte plus cher ?

Il est évident que les investissements de la France dans la transition écologique auront un impact sur la facture d’électricité et de gaz. Pour le moment, consommer vert coûte – en moyenne – plus cher que l’énergie fossile. Cependant, il est possible de trouver des contrats avantageux, notamment en comparant les fournisseurs.

Selon une étude effectuée par l’Ademe, 64% des Français sont prêts à agrandir leur budget pour « consommer plus propre » et 86% d’entre eux voudraient que la production d’énergie verte se fasse localement, quitte à payer davantage à la fin du mois.

Pour conclure, le développement des énergies renouvelables trace son sillon tout autour du globe, et aussi en France, mais des inquiétudes quant à sa viabilité économique demeurent en suspens.