Energie : chute massive des investissements

Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie, le secteur pourrait perdre jusqu’à 20% de ses investissements cette année.

La crise sanitaire n’a épargné aucun secteur ou presque. Selon le rapport World Energy Investment, rendu public par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), elle pourrait bien faire une nouvelle victime. En effet, l’institution prévoit une chute brutale des investissements dans le secteur de l’énergie de l’ordre de 20%, du jamais-vu dans l’Histoire récente.

Un recul aussi net constituerait, en termes financiers, un manque de 400 milliards de dollars pour toutes les énergies. Dans le détail, on passerait de 1 891 milliards de dollars d’investissements à 1 520 milliards. L’agence tablait, avant la crise du coronavirus, sur une hausse de 2%, soit la plus grande hausse depuis six ans. Entre temps, les cartes ont été rebattues.

Tous les types d’énergie sont concernés

Le pétrole et le gaz sont les deux énergies les plus touchées par le freinage des investissements, puisqu’ils marquent un arrêt de -33% par rapport aux années précédentes. Pour le gaz de schiste, on atteindrait même -50% ! Cela devrait avoir un impact sur les marchés, avec un approvisionnement réduit en 2025 à 9 millions de barils par jour.

Pour l’électricité, la chute est de -10% (en prenant en compte les énergies fossiles comme les énergies renouvelables). Les énergies vertes marquent d’ailleurs un arrêt de -9,6%, alors qu’on les pensait grandes gagnantes de la crise. Enfin, dans le secteur de l’efficacité énergétique, voûte de la transition énergétique, la chute est de -12%. Sans parler des conséquences que cela aurait sur l’insécurité énergétique, la mise en suspens de l’innovation et les pertes d’emploi.