Énergies fossiles : face au réchauffement climatique, le Giec souligne l’imminence de la situation

Le sixième rapport de l’organisme du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été publié hier, lundi 4 avril. Le constat établi par les spécialistes est pour le moins alarmant et appelle à mettre en place des moyens de limiter l’utilisation des énergies fossiles et autres gaz à effet de serre, tous deux participant au réchauffement climatique.

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Limiter notre utilisation des énergies fossiles pour ne pas dépasser la hausse d’1,5°C

En août dernier déjà, le Giec tirait la sonnette d’alarme au sujet de notre dépendance aux énergies fossiles. Le rythme sur lequel nous étions il y a quelques mois nous promettait, s’il était maintenu jusqu’en 2050, une hausse de la température moyenne de l’ordre de 2,1 à 3,5°C d’ici la fin du siècle.

Le Giec indique qu’il faudra réduire de près de moitié nos émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter la hausse de la température globale à « seulement » 1,5°C. Mais la réduction se doit d’être immédiate, sans quoi, il sera « impossible » de contenir cette augmentation de la température qui pourrait atteindre les… 2°C. 

Dans ce cas de figure et pour limiter la hausse à 2°C, l’utilisation globale du charbon, du pétrole ainsi que du gaz devra respectivement baisser de 85 %, 30 % et 15 %.

Mais parmi ces inquiétudes exprimées par le Giec réside (encore) un espoir tangible de connaître un scénario plus optimiste. L’organisme intergouvernemental évoque, par la voix de son président, Hoesung Lee, le fait que « nous avons les outils et le savoir-faire pour limiter le réchauffement ». D’autant plus que selon ce même rapport, « les avantages des scénarios permettant de limiter le réchauffement à 2 °C dépassent les coûts des mesures d’atténuation ». Autrement dit, prendre des mesures pour limiter la hausse des GES serait certes coûteux, mais bien moins que de faire face à un scénario de crise climatique et environnementale.

Plusieurs secteurs concernés

Par ailleurs, le Giec a décliné les secteurs devant réaliser des efforts non négligeables. Certains devront logiquement en faire davantage, compte tenu des résultats qui ont été relevés : 

  • La production d’énergie est en tête et représente 34 % des émissions mondiales. Il lui faudra notamment réduire de 95 % l’utilisation du charbon et 60 % celle du gaz. On le sait, la production d’énergie renouvelable aura une importance croissante, à travers le solaire ou l’éolien ;
  • L’industrie, par définition productrice de biens et donc très consommatrice devra songer à la « préservation, une meilleure gestion et une restauration des forêts et autres écosystèmes, comme les marais côtiers, les tourbières, les savanes et prairies », elle qui représente environ 22 % des émissions mondiales ;
  • Le transport, qui occupe une importance capitale dans notre quotidien, représente 15 % des émissions de GES. Le Giec préconise le recours à des modes de transport moins polluants, la démocratisation des véhicules électriques au détriment des voitures thermiques, voire la réduction du nombre de déplacements lorsque cela est possible grâce au télétravail, par exemple.

Pour en savoir plus : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2019/09/IPCC-Special-Report-1.5-SPM_fr.pdf