Hausse des prix de l’énergie : comment faire face à la crise ?


Depuis plusieurs mois déjà, les prix de l’électricité et du gaz ne cessent d’augmenter. C’est dans ce contexte inédit que le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé le gel des prix de l’énergie jusqu’en 2022. Cette hausse des prix de l’énergie n’épargne personne, pas même les fournisseurs dont certains ont déjà annoncé cesser leurs activités. Alors, que se passe-t-il sur le marché de l’énergie, et surtout, comment faire face à cette situation qui devrait encore durer ? Voici quelques éléments de réponse dans cet article !

Que se passe-t-il sur le marché de l’énergie ?

Que se passe-t-il marché énergie


Cela ne vous aura pas échappé : le marché de l’énergie est -osons le terme- en crise. Des fournisseurs d’électricité qui mettent la clé sous la porte en raison de la hausse des prix de l’énergie, la baisse des températures qui se profile et le pouvoir d’achat des Français qui a du plomb dans l’aile sont autant de raisons de penser que la situation est délicate. Mais, concrètement, que se passe-t-il sur le marché de l’énergie ?

S’il fallait résumer la situation en quelques mots, il suffirait d’énoncer que les prix de l’énergie ont drastiquement augmenté. Mais une interrogation en amène une autre : pourquoi ?

Citons tout d’abord la situation exceptionnelle de pandémie mondiale que nombre de pays ont connu. Avec la reprise des activités, la demande d’électricité a nettement été supérieure à celle de l’offre, ce qui a mécaniquement fait imploser les prix. 

Ensuite, le prix de l’électricité est intimement lié… à celui du gaz ! En effet, une partie de l’électricité produite et consommée vient de centrales à gaz. Étant donné que le prix de la molécule a lui aussi connu une hausse en raison d’une forte demande aux quatre coins du monde, celui de l’électricité également.

Pour ne rien arranger, la France ne produit que très peu de gaz naturel comparativement à ses voisins européens comme la Russie ou la Norvège. Elle est donc dépendante des marchés internationaux.

Le prix du CO2 est également mis en cause dans cette situation d’escalade des prix. Toute unité d’électricité carbonée produite requiert un nombre de quotas dont le tarif est fixé par la Commission européenne. Celle-ci l’a augmenté ces derniers mois, à tel point qu’une tonne de CO2 s’échange à une soixantaine d’euros contre… moins de 25 à peine, il y a quelques mois !

Enfin, évoquons le fait que les fournisseurs alternatifs proposent des offres à prix de marché dont le prix se base sur le prix du kWh d’électricité. Mais ce que ces acteurs du marché n’avaient pas prévu s’est produit : ils n’ont pas acheté assez d’énergie à l’avance et n’ont, de surcroît, pas envisagé une telle hausse des prix. Ils doivent donc continuer à commercialiser leur énergie aux mêmes tarifs pour les clients ayant opté pour des contrats d’électricité à prix fixes. Pour y parvenir, ils n’ont d’autre choix que de payer leur électricité à un prix bien plus élevé sur les marchés. C’est le cas du fournisseur d’électricité verte Leclerc donc il sera question par la suite. 

Une hausse de 100 euros du chèque énergie

C’est dans ce contexte inédit que le gouvernement a, par l’intermédiaire du Premier ministre Jean Castex, annoncé une « aide sociale exceptionnelle ». Ce sont 100 euros supplémentaires de chèque énergie qui seront envoyés aux six millions de ménages éligibles

Rappelons que le chèque énergie est une aide, envoyée par voie postale, permettant aux foyers aux revenus modestes de payer leurs factures d’électricité et de gaz et de financer des travaux de rénovation énergétique. Son octroi se fait évidemment sous conditions de ressources. Matignon a évoqué « une forme de soutien pour passer cette situation que l’on considère comme conjoncturelle de hausse du prix des énergies [et] qui va conduire à une hausse des prix du chauffage ».

Le versement devrait avoir lieu en décembre 2021 pour ceux qui l’ont déjà reçu cette année. Les foyers qui viennent d’être éligible au chèque énergie ne pourront toutefois pas prétendre aux 100 euros versés dans environ un mois.

Hausse des prix de l’énergie : que faire si votre fournisseur fait faillite ?

N’ayant pas la possibilité de reporter la hausse des prix de l’énergie sur la facture d’électricité des consommateurs finaux, certains fournisseurs ont dû cesser leur activité. Si la plus grande hécatombe a eu lieu en Grande-Bretagne, certains fournisseurs d’énergie français ont également connu des moments difficiles.

C’est par exemple le cas du fournisseur d’électricité verte E.Leclerc dont l’offre n’est plus commercialisée depuis le 15 octobre 2021 et qui a tout bonnement encouragé ses clients à résilier leur contrat dans un mail envoyé le 22 septembre 2021 en échange d’un chèque-cadeau de 50 euros !

Nous vous rappelons que l’offre d’électricité dont vous bénéficiez actuellement prend fin au 15 octobre 2021. (…) Cette décision a une conséquence importante : vous devez impérativement avoir changé de fournisseur d’électricité. Pour que votre changement de contrat se fasse sans risque de coupure de courant, contactez dès maintenant un autre fournisseur.

Dans le cas de Leclerc, ce sont le fournisseur Alpiq et le gestionnaire de l’électricité Enedis qui ont pris le relais. Un accord avait été trouvé dès cet été avec le fournisseur pour « accueillir » des clients en partance de chez Leclerc. D’autres, qui n’ont toujours pas changé de fournisseur ont été pris en charge par Enedis, le temps que ces derniers souscrivent une offre auprès des quelques fournisseurs commercialisant encore des offres, comme EDF, avec le Tarif réglementé de l’électricité (TRV). Celui-ci n’augmentera pas et ce, jusqu’en février 2022. Passé ce délai, il ne pourra augmenter que de 4 %, a promis le gouvernement.

En cas de faillite de leur fournisseur d’énergie alternatif, les clients se retrouvaient dans une fâcheuse situation qui les contraindrait à basculer chez ce que l’on appelle un « fournisseur de secours », en vertu d’une loi de 2019 prévoyant que les fournisseurs démissionnaires doivent désigner un fournisseur de secours. Problème : ils n’ont toujours pas été tous désignés. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a demandé à l’État d’en désigner au plus vite.

Ils ne subiront pas de coupure d’électricité mais payeront toutefois leur énergie assez cher au vu de la situation actuelle, dans la mesure où leur nouveau fournisseur ne sera pas tenu de respecter une tarification fixe à bas prix. Une relève du compteur sera faite par les gestionnaires d’électricité Enedis et de gaz (GRDF). Celle-ci sera transmise au nouveau fournisseur dans le cadre de la nouvelle facturation. 

Notez que vous recevrez une facture de régularisation pour payer ce que vous avez consommé entre l’annonce de fin de contrat et la fin effective de celui-ci. 

Par ailleurs, rien n’indique, pour l’heure, que le fournisseur remboursera le « trop perçu » qu’il aurait reçu dans le cadre de votre consommation électrique annuelle. Tout dépend des capacités du fournisseur à pouvoir payer ce qu’il doit à tous ses clients.

Quelques conseils pour contrer la hausse des prix de l’énergie

Conseils contrer hausse prix de énergie


En attendant un retour à la normale envisagé pour avril 2022, il convient d’adopter quelques gestes simples pour réaliser d’intéressantes économies sur sa facture d’énergie. 

  1. Nous ne pouvons que vous conseiller de souscrire un contrat d’électricité aux tarifs réglementés de vente dont le prix est assuré d’être bloqué ces prochains mois. Si les offres des fournisseurs alternatifs sont, la plupart du temps, assez avantageuses, la donne a provisoirement changé.
  2. Entretenez les appareils électriques de votre foyer : machine à laver, lave-vaisselle, réfrigérateur, ordinateur, téléviseur, console de jeux… Tous ces appareils du quotidien sont souvent sollicités et peuvent voir leur efficacité ainsi que leur consommation être altérées. La plupart d’entre eux peuvent être mis à jour ou profiter d’un remplacement de leurs pièces pour leur donner une seconde jeunesse. C’est le moment où jamais de le faire !
  3. Soyez malynx ! Cela passe par d’innombrables gestes simples mais efficaces : avoir recours à une multiprise à interrupteur, utilisation de la domotique ou d’un thermostat, profiter de la lumière naturelle pour s’éclairer et se chauffer, achat d’ampoules LED…
     
  4. Si vous devez allumer votre chauffage, essayez de réduire la température d’un degré : vous pourrez ainsi profiter d’une baisse de consommation de 5 à 7 %, ce qui n’est pas négligeable au vu du prix du kWh d’électricité aujourd’hui.
  5. Ne laissez pas vos appareils en veille. Bien que ce mode permette de réaliser des économies, elles ne valent pas celles d’un mode hors-tension. Des appareils éteints représentent une économie moyenne de 80€ par an sur votre facture d’électricité.
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