TotalEnergies : le groupe maintient ses activités en Russie mais annonce ne plus apporter « plus de capital à de nouveaux projets »

C’est sur fond de fortes tensions géopolitiques entre l’Europe des 28 et la Russie que de nombreuses entreprises font le choix de se retirer de cette dernière. Le groupe pétrolier et fournisseur d’énergie TotalEnergies condamne la tournure que prennent les événements sans pour autant, pour l’heure, cesser ses activités sur le territoire russe.

TotalEnergies ne veut plus se lancer dans de nouveaux projets mais maintient ceux en cours

Les jours passent, le conflit prend de l’ampleur, les relations s’enlisent et les multinationales sur le sol russe annoncent, une à une, vouloir cesser leurs activités. C’est au tour de TotalEnergies d’anoncer qu’il « n’apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie ».

« [Condamnant] l’agression militaire de la Russie envers l’Ukraine » et « [approuvant] l’étendue et la force des sanctions mises en place par l’Europe », le groupe Total n’en reste pas moins contrarié par la tournure des événements, dans la mesure où la Russie aspirera sans doute à sanctionner les autres pays de l’Union européenne et leurs entreprises implantées en son sol par des mesures à la hauteur de l’ostracisme dont ils font l’objet. De plus, le groupe se projetait sur plusieurs années à l’aune de lourds investissements liés à des projets de gaz naturel liquéfié (GNL).

On estime à 30 % la production annuelle de gaz naturel de TotalEnergies en Russie en 2020. Le groupe détient par ailleurs près de 20 % de l’entreprise russe Novatek, 20 % du projet Yamal LNG (entreprise russe de production de gaz) et 10 % d’Arctic LNG (un autre projet gazier). 

De surcroît, le ministre de l’Économie et des Finances, déclarait, mardi 1er mars, qu’une discussion avec le dirigeant de TotalEnergies était prévue très prochainement au sujet des suites à donner concernant lesdites activités de l’entreprise en Russie, non sans rappeler « qu’il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe ».

Shell, BP et bientôt Engie ? La liste de ceux qui se désolidarisent s’allonge

Si le Britannique a été le premier des gros acteurs pétroliers à se désolidariser en cédant les quelques 19 % de son capital liés au pétrolier Rosnet, il a rapidement été rejoint par Shell qui, après Equinor, a annoncé fin février la fin de sa collaboration avec Gazprom, mastodonte du secteur gazier.

Ce troisième retrait ne sera sans doute pas sans conséquences pour l’économie russe, commençant sérieusement à pâtir des mesures prises par de nombreux pays, d’autant plus que Shell participait à 27,5 % le site de Sakhalin 2 (projet d’exploration de champs pétroliers et gaziers). 

Enfin, Engie, géant du gaz naturel en France et dans le monde, a décidé d’augmenter ses achats de gaz venu de Norvège, bien qu’il n’ait pas encore tranché sur la question d’un retrait de Russie, à l’image de TotalEnergies. Mis sous pression par le ministre de l’Économie et des Finances, le fournisseur d’énergie, très impliqué dans la construction de Nord stream 2 (gazoduc reliant la Russie et l’Allemagne), dit « [prendre] note es évolutions de la situation, en lien avec les sanctions américaines, et analysons les conséquences à en tirer pour le groupe ».