Gaz naturel : l’exécutif annonce un taux de remplissage de ses réserves stratégiques de 80 %

Invitée de Cnews mercredi 3 août, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher a confirmé un taux de remplissage des réserves françaises de gaz naturel de 80 %, avant d’annoncer des réserves à 100 % pour le 1er novembre au plus tard. Si cette nouvelle est la bienvenue, elle ne saurait être suffisante pour gommer les inquiétudes liées à notre approvisionnement en énergie pour cet hiver.

Gaz naturel exécutif annonce remplissage réserves stratégiques 80 %


Une bonne nouvelle dans un contexte énergétique encore (et toujours) délicat : le Gouvernement a confirmé au micro de Cnews, via la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, que les réserves de nationales de gaz naturel, remplies actuellement à 80 %, le seront à 100 % d’ici début novembre : « Nous sommes en avance par rapport à notre objectif et cela veut dire que nous remplirons à 100 % nos stockages avant le 1er novembre, ce qui était notre objectif ».

Pour autant, la représentante du Gouvernement tient à nuancer son propos : « les plus gros acteurs » doivent « réduire leur consommation de gaz et d’électricité », dans la mesure où « les deux systèmes sont liés ».

Cet appel à une utilisation raisonnée de l’énergie fait penser à celui du porte-parole du Gouvernement, Olivier Véran, demandant « aux citoyens, aux Françaises et aux Français », le 20 juillet, de penser à faire « [des] petits gestes du quotidien ». Débrancher les prises électriques, couper le WiFi, « baisser un peu la clim »… L’ancien ministre des Solidarités et de la Santé a rappelé qu’il « n’y a pas de petit geste » lorsqu’il s’agit d’économies d’énergie, surtout dans ce contexte. 

En effet, si de nombreux Français habitent dans un logement utilisant du gaz, cette énergie est utilisée pour produire de l’électricité. Par ailleurs, plusieurs pays d’Europe, dont la France vont miser sur le gaz naturel liquéfié (GNL) pour répondre à une partie de leurs besoins. Faible producteur de gaz naturel, l’Hexagone importe une quantité non négligeable de GNL chaque année. La crise du secteur de l’énergie dont les conséquences sont aggravées par la guerre en Ukraine a poussé l’exécutif à mettre en service un cinquième terminal méthanier d’ici septembre 2023, permettant d’augmenter les capacités de stockage de gaz naturel liquéfié. 

Hausse des prix du gaz naturel : l’Europe s’organise

Et puisqu’il est question d’échéance, il faut dire que le temps presse : la Russie, qui a, il y a quelques semaines, relancé la livraison de gaz naturel à l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream 1, a invoqué une panne de turbine réduisant drastiquement les capacités d’approvisionnement permises par les deux pipelines. Et c’est parce que « le gaz russe nous est fourni dans des proportions de plus en plus faibles » et que l’ « on doit être aujourd’hui à 20 % de ce qu’on importait l’année dernière et les années précédentes » qu’il faut se tourner vers d’autres exportateurs tels que les États-Unis, l’Italie ou encore l’Algérie.

À l’approche de l’automne et des baisses de températures qui s’en suivront, les regards sont également tournés vers l’Allemagne. Celle-ci a fait le choix de relancer 15 centrales à charbon, jusqu’en mars 2024 : « Nous comptons sur la solidarité, notamment allemande, pour importer de l’électricité », nos centrales nucléaires étant en proie à un ralentissement de la production d’électricité, notamment à cause du nouvel épisode de canicule que connaît actuellement notre pays.